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sPLENDEURS DE LA mARTINIQUE  » A la (re)découverte des trésors du Nord-Caraïbe « 

 » Splendeurs de la Martinique » , il s’agit bien du premier volume. Trois autres suivront pour les prochaines années, la côte Atlantique, le sud et le centre de l’île.

Depuis notre arrivée il y 18 mois sur l’île, nous, les Chafab and Co, nous n’avons eu de cesse de découvrir, émerveillés notre nouveau milieu de vie et nos routes se sont principalement dirigées vers le Nord-Caraïbe, vers Saint-Pierre, les villages du Carbet et de Case-Pilote où Charlotte travaille à la P.M.I (Protection Maternelle et Infantile). Il était donc logique pour nous d’enquêter en premier lieu sur cette partie verdoyante de l’île, entre Terre et Mer, entre les rivages et les mornes, au pied du volcan Pelée.

Dix mois d’enquêtes à rencontrer les habitants, à visiter les lieux, à lire plus de soixante ouvrages de références avant de se lancer dans l’écriture de ces nouveaux Carnets de route, analogues à tous ceux de notre blog. Il s’agit pour l’instant d’un Carnet destiné aux collèges catholiques privés de Martinique avant une ouverture au grand public.

L’aventure est passionnante, enivrante, riches de rencontres, de promenades en mer à la recherche des dauphins ou dans la forêt tropicale humide à la découverte d’une flore exceptionnelle; des traces du passé, des premières occupations des hommes dans les anses, d’une richesse du patrimoine dans les bourgs et villages.

C’est une aventure de quatre ans donc et une première commande de 1500 livres lance la parution de ce livre particulier.

La Région s’est dite très intéressée aussi à ce qu’il soit disponible dans toutes les bibliothèques municipales. Nous avouons que nous sommes surpris par l’accueil chaleureux et curieux des Martiniquais, le livre se veut ouvert et interactif, il se modifiera de lui-même chaque année.

Nous l’attendons avec impatience, mi-février et vous pourrez le commander en ligne très bientôt via le mail de la Nouvelle Maison d’Edition.

Et mieux encore car la vente du Livre (tout public) permettra aussi de reverser 2€ aux projets de notre Association « Les Enfants de Pondy » qui vous le savez n’est jamais très loin !

L’année 2021 s’annonce belle !!! Avec un succès littéraire à la clé ???

Nous espérons que vous serez nombreux à nous lire.

Et l’avenir ? Le Volume 2 sur le Nord-Atlantique, changement radical de paysages et le premier volume aussi des Carnets de Voyage en Asie du Sud-Est sur la Thaïlande et le Cambodge ! Le boulot ne manquera pas !

Milles mercis de nous suivre toujours plus nombreux, à ce jour il y eu près 79000 visiteurs sur le blog depuis sa création !

N’hésitez pas à partager la page à tous vos amis !

A très bientôt,

Chafab and Co

de la terrasse indienne à la martinique

« A toi, Mon Amoureuse. Nous y sommes en Martinique. »

C’est désormais un fait,

Non pas un arrêt, une pause;

Certes, elle fut longue; 15 mois pour que nous arrivions enfin et osez vous écrire

Pour que nos meubles soient arrivés dans notre nouveau «  Chez nous ».

Et pour que tout recommence ou surtout que tout continue.

Notre blog est une histoire (trop ?) intime ?

Tout juste un témoignage d’un passage, d’une route que nous voulions être un livre d’illustrations des beautés du monde qui se transforme : nous avouons qu’entre désillusion ou en illumination, du désert ou en terres fertiles, en sacs-à-dos, en aventures ou n’en disant trop ou pas assez ? Du fin fonds des terres du Cambodge ou des rizières du Vietnam, des rivières du Laos aux rivages de Bali; n’en savions rien, nous sommes juste partis en famille pour vivre le bonheur; …

Une année piquée en fraude sur la vie, une vie sur les routes pour vivre l’émerveillement en famille. Pardon; c’était juste une Aventure.

Et nous l’avons pris, chaque jour à pleines mains comme un cadeau du ciel. Et puis, raconter le silence de quinze mois, car c’est pas facile de raconter après.

Un jour,.. Partir.

Notre petite Famille s’est installée en Martinique, après 15 mois, définitivement dans les Petites Antilles, si loin de ce que nous connaissions si bien: l’ Asie, l’Inde.

Sans le faire exprès, une pulsion d’amour qui pousse notre cheminement vers des contrées inexplorées mais aussi échapper à ce qui fait la volonté de vivre toujours l’amour. Sans doute être décalé mais l’est-ce vraiment après vingt ans d’amour ?

Si loin de la Thaïlande, du Cambodge, du Vietnam, du Laos, de la Thaïlande du Sud, de L’Inde du Sud, l’Inde du Nord et le Rajasthan, et puis de l’Indonésie et de Bali. Et puis de Bruxelles et de Lille;

La route fut belle. Et elle le reste aujourd’hui, toujours !

« Le retour. Tant de fois raconté.

Le Partir qui est toujours resté en nous.

Avec ses déceptions et ses plaisirs, ses amours familiaux, ses amitiés, ses vérités.

Juste l’Amour des siens. Plus loin que Bruxelles et Lille, plus loin que la Belgique et la France, … que le manque ?

Et le départ vers le Nouveau Monde, les Caraïbes, … les Petites Antilles, la Martinique.

« Je t’écris de ma terrasse martiniquaise, de mon « nouveau » un peu « chez nous »; je t’écris de notre Nouvelle Vie. »

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C’est si facile, c’est si prévisible mais nous ne sommes plus sur la route. Elle s’est arrêtée un jour.

Sur une route différente, sur une place, sur une maison nouvelle.

Sur une route différente, sur une place, sur une maison nouvelle.

Nous y sommes super bien ! « 

cof

Chafab an Co ? C’est l’idée du voyage, c’est une idée que toutes les terrasses du monde sont un univers à découvrir, c’est surtout l’idée que si l’amour l’emporte par dessous tout; tout est possible.

Alors,

Que ce soit Cha, Maya ou Noé, Eléonore ou Auguste, …???

Ils attendent sans doute le plus beau du monde ?!

Nous sommes comme et pour toute la vie à leurs côtés pour leur bonheur, Ce n’est pas ça être parents. Ils pourront, s’ils le veulent, revivre toutes nos aventures, avant tellement d’autres ailleurs.

Les Caraïbes ? Juste vous raconter le Beau, quelque chose de véritable, de plus vrai que vrai et un peu d’amour.

Sans prétention, sans leçon

Juste vous dire que l’aventure continue, que si vous avez pu voir depuis 15 mois les images, nos photos;

Il reste à vous raconter tout

Tout le reste,

Et l’on vous écrira notre émerveillement du monde.

Promis

Que votre vie soit Belle

L’euphorie du premier mois dans les Petites Antilles ! Retour en septembre 2019 (1/4)

 … Il y a quelque chose qui se vit au quotidien, comme une perle au fond du coeur qui nous dit :  » , regarde le Nouveau Monde, regarde-toi, regarde-nous, … «  . Sur les bons conseils de Gilles V.  qui ne comprenait pas que le blog se soit arrêté à notre arrivée il y a un an, tentative de retour sur le passé pour remettre le blog à l’heure, retour il y un an, … L’euphorie du premier mois dans les Petites Antilles. 

Sur les hauteurs de Balata, la rentrée de septembre 2019 ! C’est pour aujourd’hui !

Heureusement, nous avons enfin récupéré notre voiture bloquée depuis trois semaines sur le quai. Grâce à Noé et Cha, notre énième visite à la douane passe en force, Noé aura un sac de cours, ses affaires, nous ouvrons les quinze caisses coincées dans la voiture pour récupérer le matériel scolaire. Alors, comme c’est un grand jour, nous arrivons à temps, tout le monde est sur le pont, les nouveaux uniformes sont repassés, les jupes plissés, Auguste à la main ou dans les bras, nous sommes tous de retour avec l’appréhension de la rentrée. Noé rentrera avec Maman, trop beau qu’il est dans sa belle chemise blanche. Il y a un an, c’était déjà la cas, rebelote, nous recommençons une nouvelle vie, et il faudra que nous passions tous par là, nous amorçons  la descente vers le Séminaire Collège … pour Noé, une fois de plus, une nouvelle école, un nouveau système. Une nouvelle aventure, il entre le premier.

Pour Auguste, la vie est un jeu, mais il y a tout de même un peu de nervosité, au fur et à mesure que nous descendons le chemin. Mais Auguste aime l’école.

Nous sommes accueillis dans la cour par Madame la Directrice, Madame Mazot, traditionnel discours de rentrée. Puis, c’est au tour d’Eléonore, même chemin, même appréhension, plus on grandit et plus on prend peur de l’inconnu, et toujours le sourire bienveillant de Maman qui rassure.

Maya entre au Lycée, discours académique, il n’y aura pas de photos, chez les grands, c’est plus rapide mais le coeur bat la chamade à l’appel de son nom au micro, … La secrétaire accueille Maya et la présente à un groupe de jeunes filles, très vite la discussion et la curiosité ont brisé les premières barrières. Mais Maya partira déjà de son groupe sous les cris, elle est attendue dans une autre classe, celle de la sous-directrice, je la regarde monter les marches, s’engouffrer dans cet inconnu, pour elle aussi la dose de stress est palpable, et puis, … pour la première fois depuis bien longtemps, nous nous retrouvons seuls et sans enfant.

Alors, pour s’évader de cette première semaine, la surprise du chef en la personne d’Erol qui offre aux septembriens, noms donnés à ceux de la famille qui fêtent leur anniversaire en Septembre un cadeau aussi incroyable qu’inédit : Le survol de la Martinique dans son avion de tourisme.

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Erol est un homme timide, posé, c’est dans une calme olympien qu’il nous emmène pour cette excursion de dingue, nous nous connaissons que depuis maintenant trois semaines et c’est le kiff de la rentrée pour Auguste (8 septembre : 4 ans), Eléonore (15 septembre : 11 ans)  et pour moi (6 septembre : toujours aussi jeune ! ) : Nous allons découvrir notre monde de la haut. Nous embarquerons sur un petit avion, passons la douane, nous marchons à même le tarmac, l’avion est là, Erol en fait le tour, je touche les ailes, il a l’air solide, Auguste peut même monter dessus, Eléonore se demande si vraiment on ne risque rien. Erol ne répond pas, elle angoisse quand même un peu, Moi, je m’amuse, je vais pouvoir prendre mon pied, et puis décollage, on parle dans les micro, on s’évade, un moment inédit. Et je peux même tenir le manche au dessus du Diamant. Sensation de dingue, comme dans un jeu, on tire on voit les nuages, on abaisse, on voit la mer, … plénitude !!!

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L’école reprend, et nous découvrons la Martinique à deux. Déjà dit mais cela nous fait bizarre, d’être juste deux. Nous partons sur la Côte Caraïbe, direction Case – Pilote, petite bourgade au bord de la mer. Nous sommes surpris par le calme, la quiétude du village, la couleur de ses maisons, un coup de coeur pour nous.

Tout au bout de la petite digue, un jeune homme derrière son bar en bois entièrement coloré nous interpelle :  » Venez prendre un verre, le bar est ouvert ! «  . Nous nous y sommes attablés, c’est son sourire qui est ensoleillée. Et très vite, nous comprenons que bientôt ce sera la rencontre qui va changer nos vies.

 » Le Reef « , ce sera bientôt notre QG, nous rencontrons Wesley, ce grand garçon et Sylviane sa maman nous concocte un plat du coin, une fine cuisinière, une découverte du rhum bien servi, sous le soleil de la Martinique.

Case – Pilote, c’est aussi la quiétude de sa petite placette, son église où son plafond en bois est le fond de cale d’un navire, son cimetière atypique – toujours visiter les cimetières, ils ont tant de choses à nous dire ! Alors, nous y revenons avec les enfants et parcourons à nouveau le village

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Et là, une surprise à côté de la Mairie, une petite allée, et quelques cabanes en piteuse état : un mémorial à l’immigration indienne, nous y découvrons une stèle, un panneau commémoratif et cinq cabanes en bois délabrées au nom des cinq comptoirs commerciaux français : Mahé, Yanaon, Chadernagor, Karaikal et Pondichéry. Retour chez nous, encore une chose que l’on ignorait : « les coolies » d’ici, nom qui jadis déterminait « les travailleurs » indiens importés pour transporter les marchandises des navires; ils sont des milliers d’Indiens à débarquer dans les Antilles vers 1850, nous l’ignorions, on ne connait pas l’histoire encore de la Martinique.  Aujourd’hui, le terme existe toujours dans les Antilles. Les Martiniquais se définissent souvent en termes ethniques, encore une surprise.

Et retour au Reef avec Maya cette fois, avant son grand départ pour Paris, et quelle surprise, à peine arrivée en Martinique, Maya repart en Europe avec sa classe pour participer au Prix Goncourt des Lycéens !

Maya est donc partie, les trois autres à l’école, le village suivant n’est qu’autre que l’immense plage de la Grande Anse au Carbet, il pleut aussi en Martinique, parfois même violemment… Les palmiers ne nous protégeront pas.

 

 

 

 

 

 

 » Nos premiers pas sur Madinina, l’île aux Fleurs « 

Préambule,

du 22° jour de confinement en Martinique au … ?

Je reprends les souvenirs un par un, avec tellement de mois de retard. je ne suis plus que le seul à les écrire, c’est normal quand on revient à la vie normal; les Carnets de voyage ne racontent que les événements passés, jamais du présent ou à venir comme s’il était impossible de permettre à l’écriture d’anticiper et de rêver. Déjà à nouveau huit mois de retard depuis que nous sommes arrivés en Martinique. Toujours ce retard par rapport à ce que nous vivons, toujours cette longue distance entre le réel et les souvenirs qu’on emprisonne tout d’un coup par peur de les coucher à l’encre bleue, ne plus déranger par nos aventures, ne plus rien dire car la distance et les choix sont troublants ou dérangeants pour ceux qui nous suivent, silencieusement.

Alors, je décortique les fils de nos vies, les fils insaisissables de notre chemin, comme si dans le confinement, on pouvait trouver le temps et l’énergie nécessaire d’écrire inlassablement les traces de notre histoire. Nous sommes tous enfermés chez soi et la principale prison n’est que celle de l’âme qui vagabonde entre désirs d’ailleurs, activités fébriles, combler le temps au lieu de bénir ce temps qui nous est donné pour s’arrêter et comprendre l’imparfait du subjonctif qui est si tenace dans nos esprits. C’est le temps parfait et sacré de la poésie et du rêve.  » Qu’il rêvât ce qu’il n’a jamais pu voir, qu’elle perçût le battement de l’aile d’un papillon frôlant son épaule. De l’Amoureuse naquit un léger sourire, un frémissement, un froissement de robe de soie, un parfum de fleurs exotiques, bienvenue sur l’Île aux Fleurs, Madinina « .

Comme ça, j’avoue que l’adore ce temps de conjugaison qui donne tout à l’écriture.

18 août 2020 : Dans la nuit en Martinique.

Nous y sommes, finalement, nous sommes bien arrivés, avec deux heures de retard, problème moteur à l’allumage, nous avons atterri sur notre Kho-Lanta à nous, bien que nous soyons si loin de notre Thaïlande d’il y a deux ans. Cette fois-ci, la Martinique, les Antilles. L’inconnu. Nous sommes en France, c’est perturbant, tout le monde se comprend, pas d’odeurs épicées à l’indienne, pas cette frénésie de luxe à la Thaïlandaise, pas ce bruit de la foule agglutinée aux barrières, juste la France autrement. Avec une efficacité de dingue, nous récupérons notre char de location bien efficace et suffisamment grand pour y mettre nos 9 valises qui constituent avec les coffres remplis de 14 caisses nos maigres bagages pour l’année ? En attendant notre box où nous y avons fourgué toute notre maison qui arrivera un jour par bateau …

Nous traversons les parking de l’aéroport pour partir sur une départementale toute neuve, nous nous dirigeons en aveugle sur la route, … l’autoroute de la Martinique, une deux voies qui nous emmènent sur les hauteurs de Balata. Déjà des cris dans la voiture, les enfants n’ont absolument pas dormi, ont englouti 4 films sur leurs écrans, sont en pleine forme et surtout, ironie de l’histoire, ils ont faim. Il est passé largement 23h, ils crient en voyant les enseignes commerciales, les plus populaires sont celles de la restauration rapide, nous sommes sauvés, il y en a trois bien visibles en plus des enseignes de vêtements et des centres commerciaux. Nous ne sommes pas en Inde mais en France. Et tout est fermé, nous ne mangerons pas ce soir.

La route s’obscurcit, le char à 9 places peine à monter la route. Dans notre ignorance du terrain, nous n’avions jamais regardé le relief de la Martinique, c’est vallonné, c’est une montagne volcanique, on monte et dans la nuit noire, Balata s’offre à nous, des arbres monstrueux nous enserrent, nous contraignent à lever les yeux. Cha regarde le GPS, moi la route, il fait d’un noir d’encre, nous cherchons l’entrée de notre AIRBNB. Après trois allers-retour, le chemin s’offre à nous et à son extrémité, une barrière en descente. Je stoppe la voiture, j’ai presque peur de basculer dans le vide. Nous y sommes.

Le propriétaire sort, il est tard, Erol nous accueille. Première rencontre avec un Martiniquais, présentation d’usage assez rapide, tour de la maison, nous vidons la voiture, nous la remettrons dans la bonne direction demain quand nous verrons quelque chose. Biscuits et eau, au menu et au dodo.

C’est le lendemain que notre arrivée prend tout son sens, le décor est paradisiaque, le paysage fabuleux, la terrasse, un havre de paix, et au loin, la mer. Nous sommes comblés, et premier réflexe, nous sautons dans la piscine promise aux enfants.

Puis, les applications et GPS font le reste, nous tentons le demi-tour dans l’allée et descendons vers ce mot, ce nom magique pour nous depuis six mois, Fort de France, … Direction le  » Carrefour ». Des courses avec les yeux grands ouverts, nous découvrons la « population » de l’île, nous découvrons la Martinique dans un Centre commercial. Nous sommes étonnés dans nos yeux par la diversité, nous nous étonnons des prix, quoique bien avertis déjà par toutes celles et ceux qui y ont vécu dont ma soeur, nous regardons notre première note de frais et hallucinons un peu.

En ce surlendemain, nous nous retrouvons dans Fort de France, non sans passer obligatoirement, toujours selon notre GPS, devant le Collège des enfants. L’immense Collège, devant nos yeux,  une bâtisse emmurée toute de jaune vêtue, avec son nom arborant aux passant son emblème, un Collège qui à travers les grilles semble immense. Une couleur que nous connaissons si bien, le couleur de l’ordre, une couleur très pondichérienne, une couleur si facilement reconnaissable, celle de l’ordre religieux, fut-il celui des Pères Spiritains, lesquels ont tellement travaillé main dans la main avec la Congrégation des Soeurs de Saint Joseph de Cluny. Nous sommes presque à la maison encore nous faut-il voir Fort de France !

Nous nous arrêtons sur la jetée et de suite, la ville ressemble à une petite bourgade paisible en bord de mer, dans sa crique, … presque personne, nous sommes au milieu du mois d’août, la basse saison en Martinique. Très vite, l’envie de tout voir mais le tour est rapide, Fort de France est très petit en son centre ville, nous décidons de prendre notre premier repas créole ou antillais, nous ne connaissons pas encore la différence de langage, nous jouons les touristes parfaits, nous avons hâte de goûter à cette tradition culinaire. Comment être déçus, nous n’y connaissons rien ? Mais de l’accueil, ce premier repas, premier pas en Martinique inaugure un avenir prometteur.

En ces premiers jours d’arrivée, nous prenons à la fois le repos sur les plages célèbres de la Martinique tout comme nous partons en excursions touristiques, ça part en réalité dans tous les sens, nous traversons l’île en tous sens, pour visualiser notre nouveau chez soi, retenant les noms qui sont si familiers à celles et ceux qui sont passés sur l’île avant nous : Les Trois îlets, Les Salines, Case-Pilote, la Montagne Pelée, … Saint Pierre.

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Drôle de voir la diversité de ces paysages, nos yeux emplis de cette nouvelle lumière, l’air de cette nouvelle chaleur, nous profitons des derniers jours des vacances. Demain sera la rentrée dans ce nouvel établissement. Nous rencontrons la Directrice du fondamental et des primaires, Madame Mazot avec qui nous correspondons depuis le mois d’avril. Le sourire de la rencontre, découverte de l’école, il y a comme un parfum étrange qui règne, … l’école vide se veut un havre de paix, arrêt devant les statuaires sacrées de l’établissement, la vue sur Fort de France un peu d’histoire, les enfants seront bien ici.

Si la Rentrée approche à grands pas, il n’en reste pas moins que nos envies sont plutôt du côté de la mer. On effectue en reconnaissance la boucle sud de l’île, passant par les Trois-Îlets, son débarcadère où les Collégiens traversent la baie pour se rendre à l’école.

Une scène sur la place du village, il n’en fallait pas moins pour qu’Eléonore se prennent pour Maryline.

Découverte quelques kilomètres plus loin de l’Anse du Bout, une rue commerçante de 300 m, des magasins de luxe, une marina, un peu plus loin, sur le côté un palace 5 étoiles, deux petites criques où toutes les familles du coin se sont données rendez-vous. Les avions atterrissent surplombant la baie de Fort de France, du bruit, beaucoup de bruits, c’est la fête, des jets-skis débarquent, plus loin, retrouvailles familiales autour de l musique des Antilles et l’alcool qui coule à flot, l’éclat, du coucher du soleil réchauffe notre peau par encore bronzée, on fait touriste mais nous en sommes encore, on profite.

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Souvent, au retour de la plage, c’est direction la piscine de Nathalie et Erol. Nous sommes vraiment bien chez eux, nous en profitons pour faire plus ample connaissance aussi. La qualité de cette vue de dingue, le soleil couchant, la place sur la terrasse … rendent nos premiers jours plus qu’agréables. Ce sont les vacances, elles se terminent mais quelles vacances depuis Hossegor.

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Ce dimanche, à deux jours de la rentrée scolaire, direction les Anses d’Arlet, et le Diamant, son rocher,

Le rêve ! Haut lieu de la Martinique, encore un de ces noms qui sont le plus souvent cités par toutes celles et ceux qui nous y ont précédés. Et c’est vrai que la vue et la plage du Diamant valent le détour. Ici, pas question de trop se baigner, les vagues sont terribles, Auguste prend un peu peur et préfère, après avoir eu la tête sous l’eau, de rester sagement et paisiblement au bord de l’eau.

Les vacances se terminent en cette fin du mois d’Août par la traverse de l’île d’ouest en Est : direction Saint-Marie, petit village de pêcheur gorgé d’Histoires ! Un rivage surprenant, un paysage très éloigné du sud, une mer plus sauvage, les baignades y sont interdites, une église aux couleurs des églises du Tamil Nadu surplombe la ville, une escapade pleine de fraîcheur, nous y reviendrons sûrement.

Demain les enfants ?

La rentrée des classes, et on commence par les plus petits ! Prêts ?

Mille bisous de la Martinique,

A très bientôt,

Chafab and Co

à nous la Martinique !!! Retour sur un drôle départ dans les Antilles

Juillet 2019

C’est fait, les enfants sont partis, un soir, vers Lille et puis Wimereux où nous les rejoindrons, les caisses s’entassent dans les couloirs, le salon, les trajets s’accélèrent vers la déchetterie, vers les « Petits Riens », la version Emmaüs de Bruxelles, …

Quinze ans que nous entassons nos souvenirs, de ces petits objets que l’on dit qu’ils serviront bien encore un jour, une cave si petite qu’elle en abrite des trésors, … dans le matériel du camping, nous retrouvons même la bague de Bali, perdue il y a un an, signe du destin que nous emportons avec nous un bout de vie. Les enfants ont été formidables, ils ont bien compris qu’une partie partirait dans 14 caisses sur le bateau fin juillet, les autres seront empilées dans un garde-meuble à Bruxelles avant un envoi dans le futur. Trier ses souvenirs, ce que l’on chérit par dessus tout est une relecture du passé qui projette l’avenir. Il y a quelque chose de sain mais de paniquant à la fois. Tendance à tout garder, tendance à tout jeter, tout est une négociation, …

Pour Julie et Lambert, ce sont les adieux à Strombeek-Bever, mais bien loin d’adieux à notre affection familiale, juste le temps des embrassades, de deux soirées exclusives en tête à tête pour tout se dire, après les joies de porter les enfants dans ses bras dans les derniers rayons du soleil de ce minuscule jardin que nous avons tant aimé et qui nous l’a si bien rendu. Sans aucun doute, une pièce que nous regretterons tant les souvenirs des bonheurs des fêtes durent nombreux.

Pour les enfants, nous profitons pour la deuxième année, au plus grand bonheur de Noé du passage du Tour de France, en bas de la rue à la Tour japonaise pour le contre-la-montre par équipe. avant que tous ne profite d’une journée au parc d’attraction pour le bonheur des plus grands comme des tout-petits. Ce sont les derniers moments marquants, avant le départ qui approche si vite, … Pourtant, les sourires sont éclatants, il est vrai qu’après s’être tant battus dans les arcanes des administrations et des écoles, les enfants tout comme nous sommes heureux de souffler un peu.

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Les adieux aux marraines et parrain, dernière photos des cousins ? Mheu non, nous les retrouverons toutes et tous en vacances dans un mois. ouf !

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Entre les deux, un moment de douceur, la mariage de Manuella, la cousine de Charlotte. (…). Repartir à Paris, arriver les derniers en short sans se faire remarquer et passer trois jours en amoureux, profiter des cousines et des cousins, leur expliquer notre projet et puis surtout aussi, détente avant la dernière semaine qui sera la plus chaude de l’été. Une véritable respiration, le temps aussi de se détendre le long de la Seine par une nuit d’été, le lendemain à la piscine, et s’écouter, tout organiser pour que les vacances commencent. Enfin !

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Retour en Belgique. A la vision du camion de déménagement, nous comprenons encore plus que le vide laisse place à une maison, sans ses objets, une partie de son âme disparaît; elle parait plus grande qu’à notre arrivée. Les déménageurs s’activent et en une journée, une vie qui passe. Quand nous refermons la porte, seules les 14 caisses que nous emportons en Martinique nous attendent.

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Demain, nous partons à Saint Nazaire. De nouveau, ce sont les amis fidèles qui partent en expédition, juste 1700 km aller/retour à se farcir, juste pour nous. Avec Louky et Gilles, Julie, nous traversons pour la dernière fois les routes de France vers le port.

Bizarre de voir nos trois véhicules partir avant nous, à l’autre bout de la Terre. L’occasion aussi de partager des moments de complicité, comme une dernière fois qui n’en sera jamais une. Toujours, ils reviendront à nous comme nous toujours aussi à eux. Julie nous annonce qu’elle arrivera la nuit du Nouvel An en Martinique, Louky et Gilles doivent regarder dans leur agenda, histoire de voir comment la retraite – pourra-t’il un jour la prendre (?) – de Gillou se passera en 2020 ? Toujours est-il que nous arrivons dans une ville quasi morte le soir, on s’improvise une vraie guindaille dans la chambre d’hôtel à défaut de trouver un restaurant ouvert.

Le lendemain, pas le temps de profiter de la piscine, il pleut comme sur nos petits coeurs de beurre. Les voitures rentrent dans des hangars et parkings, nous ne les reverrons que dans presque deux mois. Dernier resto dans une ville que nous connaissions pas, et la route retour s’annonce longue, très longue, … C’est exténué que nous arrivons enfin dans la nuit à Bruxelles, et de voir chacun rentrer chez soi, le coeur encore choqué que l’impensable arrive toujours trop vie; demain sera toujours un autre jour mais se dire au-revoir reste un sentiment bizarre, où l’immobilité du temps laisse flotter déjà la nostalgie des moments heureux passés trop vite.
Août 2019

Il est temps de lever une dernière fois le camp, nous trouvons une voiture familiale qui nous emmène à Hossegor, dans les Landes, pas très loin de Biarritz et du pays basque, rejoindre toute la petite famille pour une semaine de folie, avec tous les cousines et cousins,… comment qualifier cette semaine des dernières fois et des premières ? Nous avons juste envie de se retrouver, nous prenons la mesure à nouveau qu’un départ est difficile, juste une année après notre retour, nous essayons tous de profiter car ces moments sont précieux, mais, quoiqu’il en soit, les dés jetés sur l’inaccessible quête rend la semaine joyeuse. Entre les découvertes des excursions et les soirées, les sauts dans la piscine ou la complicité des enfants, la maison indienne de Fabien, un autre,… rend les choses faciles.

Les photos en sont toujours la preuve que rien ne remplace le bonheur familial.

Au soir de la dernière soirée, les coeurs sont un peu serrés, le lendemain, en quittant le gîte, personne ne veut y aller en premier; ce n’est pas un adieu, un éloignement certes, un au-revoir. Nous savons tous qu’il y aura la distance. Nous savons que cette prise de risque est devenu le challenge d’un bonheur à trouver. Nous connaissons les risques, les doutes. Si l’amour de cette semaine, gravée pour toujours en nous est à emporter, l’avenir seul dira si nous avons raison. Les routes sont longues, parfois, passant les landes, elles prennent des détours insoupçonnées, des ravines profondes, des au-delà qui semblent inaccessibles. Tant de lourdeurs pour plus de légèreté, tant de douceurs pour encore plus d’amour,… ? La question restera dans ce voyage familial, une réponse à découvrir.

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Dernier passage à Bruxelles pour embrasser Mamy Jeanne, Jan et Fanny, dernier passage au CDS embrasser notre ami fidèle Thierry, dernier apéro entre les voisins historiques André, notre ami de toujours, Marie-Rose et Guy, la page continue à se tourner.

Wimereux, dernier et historique camp de base pour l’anniversaire de Maya, comme d’habitude sur la digue. Philippe, le parrain de Maya passe sa journée avec nous, la tournée est finie mais les visages lumineux de bonheur s’affichent au crépuscule de l’avant-veille, dans deux jours, nous sommes en Martinique,…

Le retour à Lille nous appelle à plus de rigueur, il reste peu de temps, alors on retrouve les réflexes des bagages, du garage de Lambersart, celui de Papy, qui nous aide à tout fermer. Demain, l’aéroport, … dans cette grande voiture que Papy ramènera à Bruxelles pour nous,…

Dernier repas tous ensemble, dernières photos sur le balcon, avec Mamy qui ne cesse de dire que nous lui en faisons voir, presque la même photos, deux années après. Là, il y a comme un coucher de soleil, qui attendra la nuit du voyage pour se réveiller sur un autre matin, sur notre île inconnue.

Sur la route, les derniers vestiges de paysages que nous aimons tous, ces champs à perte de vue, cette autoroute sans station radio, elle nous conduit vers notre nouvelle vie. On sent la crispation de l’embouteillage parisien, ce périphérique interminable jusqu’à Orly; Papy décompte, nous aussi, nous avons bien le temps, nous sommes même largement en avance mais on sait comment cela va se terminer.

Derniers câlins, Nous regardons Papy s’engouffrer dans la voiture pour près de trois heures de route, à murmurer sa solitude, nous sommes avec lui, quelque part  lui obligeant à vivre la petite déchirure mais pouvons-nous faire autrement quand on change de vie ? Juste redire à quel point nous les aimons si fort, d’un amour tellement grand qu’il faille aussi pour nous le vivre pleinement,… Partir.

L’aéroport apporte aux voyageurs la frénésie du départ, l’ambiance du partir justement, entre milliers de touristes et leur charge de CO2, les milliers de travailleurs qui passent de bout en bout de la planète pour faire de notre économie la plus riche de la Terre, et leur charge de CO2,… Et, nous, avec notre charge de souvenirs immuables vers une destinée enchanteresse. Partir,…

Demain, nous sommes en Martinique.

… Et puis définitivement repartir (Épisode 4 et fin)

Mai 2019

C’était donc la dernière grande ballade le long des canaux du Centre, dernier moment ensemble où sous un soleil, nous prenons le temps de respirer, les deux mois à venir seront psychologiquement difficiles et nos nerfs mis à rude épreuve

Aujourd’hui donc, je me fais opérer. C’est parti ! Avec tout le courage dont nous faisons preuve, l’arrivée à l’hôpital est guilleret, Cha m’accompagne, je vais vivre l’expérience la plus inédite de ma vie, passer sur le billard et découvrir le bloc opératoire, tout ça pour un hailux valgus, nom étrange donné à la déformation des pieds gauches des indiens du sud ! Pas cool leur douche à jeun, avec leur foutu produit rouge à s’enduire et la blouse qui laisse entrevoir mes belles fesses à l’air avant qu’un infirmier me cloue sur un lit pour traverser tout l’hôpital par des ascenseurs et couloirs obscurs. Puis, un embouteillage de patients, tous aussi nus que moi devant de lourdes portes qui s’entre baillent et laissent deviner la salle de torture où je vais incessamment entrer. Tout le monde se regarde, certains ont déjà les yeux fermés, moi, j’observe un monde étrange, la médecine à la chaîne, jamais je n’aurais cru que tant de gens se feraient opérer en même temps que moi si tôt le matin.

Anesthésie locale, puis générale et puis à force de regarder les écrans, on me dit qu’il est l’heure, pas eu le temps de me rendre compte que la nuit dans laquelle je sombre est un puits sans fonds, jusqu’au réveil dans la lumière crue de la salle « de réveil » qui est surprenante. D’autres corps nus m’entourent, je tente de remettre le draps, une infirmière accourt et m’aide, …  » Vous n’avez pas trop froid ? Ben si, c’est malin ! Pouvez-vous relever le drap ?  » Juste pour l’embêter je lui ai demander combien de temps ai-je dormi,… et en quelle année sommes-nous ?  » Elle a pris son air effrayé la pauvre en remontant ce foutu drap. Je ne sens pas le pied, mais j’ai faim, horriblement faim. On me ramène dans la chambre où Cha m’attend, et puis les longues heures avec la patte en l’air, Les visites, Alain et Marie Odile, Jan et Maman, Fanny et Thierry (merci pour les blue bottles), et puis le balais incessant des infirmières, toutes les deux heures qui se relaient pour la température et le pouls, … une piqûre dans le bide, mon lot quotidien où elles relèvent toute la chemise d’un geste si sec que je me demande si c’est utile, la douche devant 7 personnes dont un grand malabar qui me soutient (« Je vous lave entièrement ? Non, ça va aller, j’ai juste un truc au pied vous savez…. »)

L’hôpital est le lieu du dénuement, le lieu où l’orgueil de la beauté n’existe pas, le corps est un appareil qu’il faut réparer et où il vaut mieux ne pas penser à soi ni au regard de l’autre, il n’y a pas de regards ni de discussions, juste une rigidité proche de la mort,… Je pensais plutôt à un lieu de vie, … je n’ai pas aimé. Je me suis juste fait opérer du pied.

Fanny offre une dernière escapade sur l’eau, au Lac de Genval pour l’anniversaire de Noé, quelques moments de répit avant la session d’examens, avant ce qui tue et qui donne cette impression que rien ne sera facile. A voir leurs sourires sur leur pédalo, il y a l’insouciance de la jeunesse, le bonheur partagé et la vie qui coule lumineuse au ras des flots.

C’est fait, les dés sont jetés, .. ils ont fait leur max, ils ont réussi, dans leur marge de progression, nous sommes arrivés au bout de notre route, sans le dire, la tournée des adieux arrive, si vite et trop vite mais c’est notre choix de partir, voir si dans ce rêve fou il y a de l’espérance, de la réconciliation entre notre vie amoureuse et l’amour de la vie, retrouver notre famille sereine, loin des fracas des jalousies et rancunes, petites blessures et risques de perdition. …

Nous avons poussé le bouchon de l’idiotie du stress jusqu’à se faire convoquer à la Police, audition ridicule où l’agent se pose la question du pourquoi du comment nous sommes en infraction de passage de contrôle technique et que nous n’avons pas passé ledit passage depuis juillet 2017… Voilà autre chose. Comme c’est Charlotte qui est convoquée, nous décidons que Jan nous accompagnerait si l’audition se fait en néerlandais. Nous lui expliquons qu’il y a un soucis puisque les voitures ont été immobilisées pendant un an, les plaques rendues, et remises en circulation à notre retour. Impossible de passer le contrôle technique en étant en Asie du Sud Est. Il semble comprendre et notre déclaration est envoyée au Procureur du Roi; les voitures sont finalement passées et nous sommes en ordre, on verra la suite. Chez nous, pour nous, il y a toujours une suite…

Juin 2019

L’école, toujours l’école sans photos ni état d’âme, deux mois sans photos c’est rare mais en dit long sur ce que nous vivons. Les mails s’échangent avec les Soeurs de Cluny dans les Antilles. Chaque nouveau message nous procure de la joie, il y a cet accueil incroyable, une histoire qui se partage entre nous déjà, à 9000 km d’ici. En un tour de main et coup de force, grâce à la Soeur Provinciale, nos quatre enfants sont inscrits au Séminaire Collège, un des grands collèges privés de Fort-de-France, par l’entremise de Gilles Voyer, le Proviseur du Couvent, ils iront tous les quatre là-bas, mixité oblige. Premier pari réussi, les enfants sont inscrits.

Demain ? Nous partirons à nouveau en silence, avons-nous le choix ? Nous partageons la nouvelle à la famille, nous sentons que c’est le moment, dans nos coeurs, chaque minute est un pleur silencieux, un arrachement mais si nous restons, que deviendrions-nous tous les deux ? Tous les six ? Nous mesurons la gravité de notre décision, nous mesurons le pas vers l’espérance, le bien de notre couple autant que le bien supérieur de nos enfants… personne ne pourra jamais se rendre compte de l’agression que nous vivons et auquel plus personne ne croit.

Charlotte n’a plus jamais parlé de ce voyage en Terres Inconnues. Malgré les nombreux changements dans son équipe de l’ONE, elle s’adapte même plus, elle a découvert tout au long de l’année une nouvelle bande de copines,… qui, sans s’en apercevoir la fête lors de ce nouveau départ, une année marque, … sa principale qualité c’est son écoute. Et puis, plus grand encore, sa bienveillance, ce qu’elle cherche chez l’autre, c’est la gentillesse naturelle, le regard, la compassion,… La femme que je vous décrivais de ma terrasse du Vietnam, du Laos, de mes récits que sont devenus ce blog. Sans elle, rien n’est possible.

Nous sommes dans le dur, le vrai, les grands doivent réussir, je le veux de toute ma force et mon âme, la patte en l’air, je télécharge sans cesse toutes les épreuves de ce foutu brevet qui, paraît-il serait l’excellence de la FWB, je rigole. Je passe mes journées au rez-de-chaussée, j’écoute les bruits de la rue, je perds mon temps si précieux. Quelques visites en deux mois, je regarde la corniche d’en face. Nous nous concentrons tout ce mois de juin à la réussite de leur brevet, ce fameux CE1D, … par la force des choses et grâce à leur courage, les enfants réussissent haut la main, de même que leur année. Pour eux, c’est la tournée des adieux, ils se préparent lentement et sûrement aux derniers au-revoir.

Eléonore assiste au concert de musique classique de son école de musique, concert exceptionnel dans le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Maya et moi nous l’accompagnons, chantant la « Marche Montante « , sidérés aussi par les talents de tous ces jeunes mélomanes qui produisent un spectacle de qualité.

Notre deuxième grande cartonne en cette fin d’année et s’offre une après-midi éclatante avec ses copines de classes, sa grande amie Claire fait partie de la fête, entre cuisine et bricolages divers, c’est son après-midi et soirée exclusives.

Noé, le plus jeune de sa classe a réussi avec brio son CE1D, son année scolaire aussi. A force de talents, d’intelligence et de travail, il nous offre un succès mérité. Une fois de plus, dans une méchanceté du système de la FWB, il ne sera pas invité à la proclamation des résultats, pas même le temps de dire au-revoir à ses potes de classe, il doit, lui, attendre le 30 juin pour que sortent enfin les résultats du Jury Central. Exclu donc de la Communauté des étudiants, il ne les reverra plus, ni ses enseignants ni ses potes. Nous, parents, toujours plus dégoûtés, ne savons même pas ce qu’il vit dans son coeur. Tout sortira en son temps, un jour, dans la douleur d’une adolescence qui commence.

Noé a treize ans, ses amis historiques le fêtent avec cette joie rarement vue pour une bande pareille, nous les connaissons tous depuis la maternelle : Dorian, Lucas, Raphaël et Matteo, … quoique nous puissions choisir comme avenir, cette bande-là restera, … C’est émouvant et même ils nous crèvent le coeur. Nous fêtons son anniversaire dans une salle particulière où la bande des cinq doivent s’entre-aider dans toutes les épreuves, « Koesio « , délires assurés. Les parents nous rejoignent pour ce qui s’apparentera à un dernier verre : Nous leur expliquons notre nouveau départ, les choses sont dites.

Dans la voiture, au retour, nous ramenons Lucas chez son Papa. Il nous interpelle à son tour, coincé sur la banquette arrière de notre vieille C8 qui a elle aussi décidé de ne plus vivre avec nous et mourra quelques jours plus tard de sa belle mort. (Nous ne savions pas qu’une machine pareille pouvait être aussi en adéquation avec notre vie et demander le suicide pour arrêter les frais).

Lucas, donc, accoudé entre nous, nous redemande pourquoi on s’en va. Il nous dit à quel point il fut touché par notre aventure d’une année en Asie du Sud-Est, à quel point Noé lui manquait au quotidien. A présent que nous partons pour « Toujours ! »….

Ce petit bonhomme, pas plus haut qu’une pomme nous fait presque pleurer quand il nous annonce qu’il aura bien du mal à vivre sans Noé. Nous avons bougé les rétroviseurs et ouvert la fenêtre, nous avons regardé ailleurs pour ne pas affronter ces sentiments. Les écrire est une épreuve. Nous espérons ne pas avoir abîmé nos enfants.

Maya, notre grande princesse, a tenu le choc jusqu’au bout,

L’école, toujours l’école,… Maya reçoit son bulletin fin juin. A la différence de Noé, elle peut participer à la proclamation des résultats. Nous, parents, n’aurions pas dû la mettre en danger. Elle s’avance, elle sait que certains résultats ne sont pas à la hauteur mais elle s’avance. Devant la nouvelle direction, devant tous les élèves et tous les professeurs de 3°, elle s’entend dire qu’elle n’a pas satisfait dans deux branches, que sa réussite est conditionnée à une autre, celle du CE1D qui arrivera dans quelques jours. Perversion ultime d’un monde abîmant, maltraitant, inhumain. Cette fois-ci, Maya tient la tête haute, ne fond pas en larmes. Elle se souvient de son ancien Directeur qui l’avait agressée en public de la même manière deux années auparavant. Vous savez, celui qui fut notre ami, mon collègue, mon ancien directeur, qui a même offert un cadeau de naissance à … Maya. Cette fois-ci, sa remplaçante fait de même mais Maya, d’un regard noir, les épaules hautes, la regarde dans les yeux, se tait, ne sombre pas et défie le Mal contre son bonheur intérieur. Maya a gagné. Bien sûr, elle passe par une petite porte avec un échec en math, … qu’est-ce que les mathématiques, son problème récurrent. Pas de prof pendant une année, un ancien collègue et ami le remplace en cours d’année et ne fera pas mieux; pire même…une prof de langue lui donne un travail de vacances en néerlandais pour partir en Martinique (ça sert à quoi ?) … et avoue dans un escalier qu’elle a 50% au final. En tant que parent, je bouts, … en tant que prof, je comprends.

Mais jamais nous n’accepterons cette violence verbale d’une direction ou d’un enseignant, car vivant au coeur du système depuis vingt ans et jamais, en tant que parents, nous le voudrions pour les autres. triste fin apocalyptique pour nos enfants

… et le pire est à venir….

Grâce à sa titulaire, Florence et notre ami Etienne, ses profs principaux, elle a donc tenu le choc. Nous ne savons comment les remercier pour tout leur soutien. Flo, une prof de Français comme moi n’a cessé jusqu’au bout de nous soutenir, encourager Maya à bout de bras, tant et tel que notre au-revoir en juillet, nous sommes tombés bras dessus dessous. La voir écraser, à son tour, une larme, me rappelle toujours qu’être enseignant est un des métiers les plus nobles et gratifiants qui soit. J’ai aimé ce métier, je le resterai à jamais dans l’âme. Etienne, membre de notre Association attend sa réponse du pourquoi d’un Ganesh en fin d’année, il attendra toujours car Ganesh ce n’est que du bonheur. On en rit encore.

Maya, donc, a l’autorisation exceptionnelle d’ouvrir la maison pour recevoir toute sa classe. Dans une maturité qui nous étonne encore aujourd’hui, elle annonce toute seule, avec un aplomb de dingue son départ définitif pour la Martinique. Des cris, des larmes à nouveau, personne ne comprend, elle est adorée, elle tient le choc, sa soirée est une embrassade à la vie et l’amitié. Nous faisons vivre à nos enfants des chocs que nous ne demandions pas, nous sommes sûrs que Maya, si grande, ouvre les bras sur un devenir plus beau, plus serein, plus ouvert sur le monde…. elle est une preuve à elle toute seule de la réussite possible.

Auguste ? Notre dernier petit prince de la famille ne sait pas tout ce que nous vivons mais pas question de l’oublier. Nous décidons à notre manière de l’emmener faire ses adieux à sa maîtresse, Grosse commande de fruits mis en corbeille, quelques bouteilles de vins blancs et cava, jus d’orange et coca et nous voilà partis pour une dernière fois embrasser celles qui ont toujours pris soin de nos quatre enfants, qui les ont chéris, les ont vus grandir, nous ont accompagnés et soutenus, accueillis Auguste pour cette année unique, … Nous garderons d’elles, de Madame Valérie la Directrice, de Madame Karine, l’institutrice de Maya, Madame Murielle, celle de Noé et Auguste, Madame Carole, celle d’Eléonore, et de toute l’équipe éducative, avec mille bisous aussi pour Jeanne qui nous suit tous les jours sur les réseaux sociaux… des Souvenirs merveilleux. Toutes nos amitiés Mesdames, vous fûtes pour nous un rayon de soleil, et nous en avions bien besoin. Que votre route soit belle, que cette école maternelle reste ce petit écrin de verdure souriant et bienveillant.

Auguste vous embrasse très fort !

Juillet 2019

Nous recevons en ligne ce vendredi 30 juin les résultats du CE1D, ce fameux Jury Central : Maya et Noé ont réussi !!! Nous sommes heureux. Fin de l’histoire. Le pari d’une aventure humaine de plus de deux ans est gagné, nous sommes heureux pour eux.

La vie va pouvoir reprendre son cours normal, faire ses valises et sentir le vent du large. La Martinique nous appelle, dans quelques jours, tous les enfants s’en iront rejoindre leurs Grands-Parents et diront un dernier « Adieu » à la belgitude, à leur pays, à tout ce qu’ils connaissent pour plonger dans l’inconnu. Ils savent ce qu’ils quittent, ignorent la beauté de l’existence qui les attend, le rayon de soleil qui apaise les coeurs.

C’est le temps de fêter en famille ce week-end l’anniversaire de Noé, avec un peu de retard, dans les jardins de Fanny, dernier soulagement, … on en sourit, c’est fini…

Ce lundi 3 juillet, retour une dernière fois au Lycée de Maya et Noé.

Noé va chercher son bulletin, nous avons transféré les notes de son Jury Central. Dernier Rendez-vous avec la Direction.

Le climat est très tendu, la Direction sait que nous partons, tout comme le savait le Conseil de Classe. Au-delà de la réussite de Noé, dernière pique envoyée, il nous est demandé le choix d’option pour l’année prochaine. J’interviens pour faire cesser la comédie, il n’y aura aucune option à choisir, nous partons. Feinte irréelle. On se rappelle une dernière fois des procédures légales pour que Maya et Noé aient leur diplôme.

Je vis dans un autre monde, dernier cadeau de remerciement, Noé et moi nous en allons, dos à l’école de mon enfance qui m’a édifié, de mes amis historiques, ces profs qui m’ont donné la vocation avec Soeur Simone, si elle me lisait,… s’ils me lisaient. Un lycée où j’abandonne ma foi, mon espérance dans cet enseignement que je chérissais tant, des amis, Daniel qui me manque tous les jours, Philippe, Bauduin, Jean-Luc, et tant d’autres, … Et puis Florence et Etienne. Un Lycée que j’ai choisi pour le bien de mes enfants, que deux directions auront suffi à abattre dans les sentiments et que je quitte encore peut-être plus douloureusement que mes propres enfants.

10 juillet

Nous avons attendu toute la semaine des nouvelles de leur certification des diplôme, guettant le facteur et nos boîtes mails. Nous sommes le lundi 10 juillet, j’ai trop attendu, dans le doute je retourne au Lycée. L’école est fermée, je revenais chercher leurs diplômes, le papier sacré qui font que Maya et Noé sont redevenus des élèves normaux, réguliers. La direction n’a rien envoyé à l’administration : ce n’est pas un oubli, elle devait le faire une semaine auparavant comme le demandait l’administration centrale, comme le demandait la Sanction des études, …. ils ne seront pas certifiés, … théoriquement, hors du délais des 24h prescrits par la Loi. Maya donc raté année. Noé passera peut être, Maya partir en lycée professionnel. Un oubli ?

Silence de l’administration qui ne peut rien faire si les papiers officiels du Lycée n’ont pas été envoyés. Le service juridique avait tout préparé, envoyé des mails à la direction pour qu’elle connaisse la procédure à suivre pour que nos deux enfants redeviennent élèves (!). Nous le savions tous, depuis février, depuis ce lundi 3 juillet où la directrice me dit qu’elle envoie les papiers attestant la réussite de nos enfants immédiatement.

J’ai gardé un doute un tête, je suis revenu sur mes pas ce 10 juillet. Quelle honte ! Les portes sont définitivement fermées, j’ai perdu, je suis perdu et je le prends pour moi ! C’est pire que du harcèlement que je connais tant, depuis si longtemps. Ici, c’est de la méchanceté, une vengeance perverse, ils touchent à l’avenir de nos enfants. Nous avions respecté une fois de plus, une fois de trop la parole et l’engagement donné, nous avons, Maya et Noé, nous deux, tellement investis comme énergie… les portes sont fermées. Abîmé, une fois de plus.

Je cours dans Bruxelles, nous prenons un avocat, On attendra encore cinq mois pour le dénouement. C’est lui qui s’occupera de récolter les infos et les mises en demeure en vue d’obtenir leur diplôme. Nous avons respecté notre contrat, on nous fait payer très cher l’addition d’un voyage d’une vie. Qu’ont-ils respecté ? Jalousie et cynisme, cruauté et malveillance, hypocrisie et lâcheté, ignorance et bêtise humaine, … tout le cocktail d’une société désemparée, désespérée.

Comment je me sens, il n’y aura pas de fête d’adieux, je cours dans le dédale de ma colère, de mon insuffisance, de mon manque de discernement, … devant le stress que je transpire à toute ma famille. L’attente sera longue, très longue, …

L’histoire dira qu’au début décembre 2019, juste avant mon retour en Belgique, suite à nos multiples demandes, lettres recommandées aux directions et au PO, à la FWB, … enfin le Séminaire Collège de la Martinique qui nous soutien pour l’équivalence des diplômes entre la France et la Belgique; elle qui demande le dossier scolaire de nos enfants depuis septembre, les reçoit enfin ! Les diplômes certifiés sont en notre possession.

L’histoire s’arrête là, eux ne paieront pas. L’histoire restera cachée, ils restent impunis et continueront à faire de la sorte pour d’autres. Nous vivrons avec ça.

Maya et Noé continueront désormais leur scolarité très loin de la Belgique, nous ne reviendrons plus.

Une page s’est tournée.

L’arbre majestueux au bout de notre jardin est déraciné, coupé en mille morceaux, il a disparu de nos yeux pendant le déménagement, Quelqu’un l’a abattu, comme quelques uns l’ont essayé pour nous.

De cet arbre, il reste le vestige de nos souvenirs heureux de quinze années passées dans la maison du bonheur.

Demain, nous déménagerons, nous quitterons à nouveau notre confort, c’est un choix, le nôtre, nous n’avions pas le choix si nous voulons le bonheur de notre famille. La page s’écrit à présent à 9000 km d’ici, notre nouveau chez nous que nous vous conterons l’année prochaine,

cof

Nous tenions à vous remercier pour votre soutien, votre amitié, vos marques d’affection, et ne soyez pas tristes pour nous, notre blog vous raconte une vie, avec ce qu’elle porte de difficile mais à travers les mots, il y a toujours le sourire de nos enfants qui sont le fondement de l’amour que nous leur portons.

De douces fêtes et nos meilleurs voeux d’amour et de tendresse pour 2020.

Chafab and Co

cof

Partir et puis revenir… pour un nouveau départ ! (Épisode 3)

épilogue : C’est toujours mieux de commencer par la fin du commencement…

Strombeek-Bever, un soir de fin avril 2019, à la maison.

C’était un jour ordinaire, semblable à tant de jours passés depuis notre retour, une routine au quotidien qui nous fait passer par les retours de conduite, prendre les enfants à l’école, réaliser les devoirs et attendre que Maman revienne. Une fois le souper passé, les enfants se sont installés un moment devant la télévision, dernier moment de détente avant le départ au pays des rêves, une routine bien rodée donc; comme dans toutes les familles, souvent les parents attendent le sommeil des enfants pour se retrouver un moment et souffler.

C’était un jeudi, un jeudi soir ordinaire fin avril, je m’en souviens comme si c’était hier. Ce début de soirée-là, j’étais impatient, je n’ai pas attendu qu’ils s’en aillent se coucher. Une fois la table rangée, je lui ai intimidé de rester encore un moment avec moi, la question brûlait les lèvres, montait dans ma gorge, … suffocante presque.

– Cha, tu pourrais me rappeler les conditions d’un départ ailleurs, comment faire avec les boulots et la maison ?

– Pourquoi cette question ?, me dit-elle d’un regard mêlé de curiosité et d’appréhension.

Cha me connaît par coeur, toujours, c’est elle qui exprime ses idées, ses envies, ses passions, ses rêves, … à toutes ces choses-là, moi qui suis pourtant un doux rêveur et surtout un fonceur, j’écoute, je ne dis rien, j’entends ou par un hochement de tête indien, je laisse l’information circuler au tréfonds et dédale de mes pensées avant de l’oublier trop souvent, ce qui a le don de l’agacer fortement quand je ne réponds pas … j’ai changé le jour où l’on m’a enlevé mon théâtre, les voyages, mes élèves, mon école, l’âge sans doute où les milliers de projets qui se bousculent dans ma tête pas bien grosse qui explose sans cesse. Et puis, tout d’un coup, je reviens à elle comme un diable vauvert sorti de sa boîte, dans un n’importe quoi qui me caractérise et la surprend toujours, je reviens comme si l’idée était mienne.

Ainsi, je me souviens de ma demande en mariage. Cha attendait patiemment mais un peu inquiète cette demande qui ne venait pas. Elle me rejoignit en janvier 2002 à la fin de ses études d’infirmières à Lille habiter mon minuscule appartement à Schaerbeek, au grand désarroi de ses parents. Je lui avais toujours dit qu’une fois que nous habiterions ensemble, nous avions un engagement à prendre, telle la promesse faite sur notre terrasse indienne : nous marier. Je ne sais toujours pas pourquoi il m’a fallu six mois pour aller acheter un bague à Anvers avec mes amis. Je me souviens encore de ses mots : » Je pensais que tu ne voulais plus,… » J’ai dû sourire une fois de plus, c’est mon pire défaut que ce sourire-là, le mec qui se croit trop fort quand il sort son message. C’est sans doute ce qui est arrivé ce soir de fin avril.

J’ai donc pris cet air malicieux, mes yeux brillent et l’invitent à s’asseoir dans notre petite cuisine, sur le banc des enfants, prendre le temps d’un dernier verre. Les enfants sur la canapé à l’autre bout de la pièce semblent ne pas nous entendre mais entendent toujours. Timidement je me lance dans une tentative malhabile de lui exposer mes dernières réflexions. Nous avions pris l’habitude en semaine de s’octroyer un temps pour partager nos envies, nos passions, nos rêves. Rien n’est jamais simple lorsque la vie active nous happe dans sa gueule frénétique du temps, si peu de temps pour se voir, partager alors pour une fois,… (cruel mensonge quand nous pratiquons ces moments de plus en plus au grand agacement des enfants qui se sentent exclus par nos petits verres en aparté.)

Pour cette nouvelle fois donc, nous nous installons devant une bouteille de vin rouge et deux verres.

– La Martinique ? ça te dirait la Martinique plutôt que le Brabant Wallon ou Montpellier ? Là-bas, il y a la France, la modernité française, les lycées, les bonnes écoles pour tous, du boulot, les charmes paradisiaques d’une île, ses plages, son soleil,… et même les Soeurs de Cluny. Pour les enfants, ce serait génial, omettant de dire que pour moi ce serait exceptionnel. Pas besoin de se taper le Lycée Français de Pondichéry, pas besoin pour moi comme pour elle d’équivalence de diplôme,

Tu as ton brevet d’état, pas besoin de dire adieu à notre Association, les Soeurs de Cluny nous attendent pour leur projet, …. Avec une rapidité déconcertante, j’ai du mélanger mes propres envies avec toutes les cases remplies pour tout le monde. Je ne me rappelle plus des termes exacts de notre discussion mais bien du temps que cela nous a pris. Une soirée à se projeter, … tant de choses à énumérer, à imaginer, les mêmes questions qui nous font tous recommencer. Dire que ce fut le moment décisif pour prendre la plus grande décision pour notre avenir serait mentir, d’autres choix se posent toujours à nous mais celui-là fut un moment particulier. Nous nous sommes mis tous les deux à rêver d’un possible rêve. La Martinique, un besoin, nous n’avons plus le choix, ici, c’est devenu trop difficile; pourquoi irions-nous dans le Brabant Wallon si ce n’est pour rajouter du temps dans les conduites sur la route ? Montpellier ? Si peu d’opportunité de boulots pour moi, l’incertitude du travail de Charlotte qui pourrait l’envoyer en PMI dans un rayon de 30 km. C’est d’ailleurs à Montpellier où je suis arrivé, après de longues séances plénières à être le second choix de la mairie d’un petit village pour reprendre leur théâtre municipale et la salle des fêtes et que la Maire m’avait déclaré que mon profil irait bien en Martinique. Nous avons gardé ce nom dans un coin de notre tête.

La Martinique, le rêve se met en place, retour sur notre bout de vie. Il ne reste que quelques mois avant le départ.

Avril 2019, un mois auparavant.

Les vacances arrivent enfin ! Nous profitons des premiers rayons de lumière pour fêter Mamy et Mathilde : ce sont leurs anniversaires et tout le monde se déplace à Lambersart pour ne pas rater ce moment-là. D’abord, l’invitation du premier repas dans le jardin, le temps des anniversaires et des cadeaux, Il y a toujours quelque chose de bon que de se retrouver en famille. Depuis le mariage de Sophie et Loïc, c’étaient aussi les grandes retrouvailles chez eux où nous passons le WE pour fêter tout le monde. La générosité de leur accueil, les chambres partagées, les cousins qui dorment ici, les cousines chez Papy et Mamy, on organise entre les parents un  » petit bordel » pour le plus grand bonheur des enfants. Et puis, retrouver leurs amis proches huit mois après leur mariage, presque deux après leurs fiançailles , c’est toujours aussi troublant; comme si le temps n’avait de prise sur nous. A cet instant, nous ignorons que ce sera la dernière fois avant longtemps.

Nous avons fêté Mamy ce dimanche midi, le lendemain de la veille, le temps de profiter de la sieste réparatrice du boulot, le temps de se mettre bientôt en mode vacances. (ça c’est pour dire Merci à Sophie Loïc !!! Milles mercis pour votre accueil et d’avoir rendu ce WE un peu fou !)

C’est parti pour le froid polaire de Wimereux, nos vacances chéries. A nouveau, comme souvent par le manque de congés de Cha, je repars seul avec mes quatre enfants adorés, … parfois je croise le regard interrogateur ou intrigué des vacanciers qui semblent surpris par ce Papa qui semble divorcé avec ses 4 (!) enfants, je m’en amuse toujours, … C’est la semaine de la digue tant il fait froid, et un peu moche, … Auguste maîtrise toujours plus sa trottinette qu’il ne lâche plus, … Partie de foot à 5 même, les filles se débrouillent au plus grand plaisir des garçons, et puis viennent les traditionnelles escapades au Touquet; le temps de manger une gaufre, Berk et son festival des cerfs-volants, Ambleteuse, et surtout un de nos endroits préférés, la célèbre plage du Trou-du-Nez au pied du Cap Gris-Nez. Les endroits sont trop nombreux pour tous vous les décrire, nous les bouffons littéralement, comme si nous avions ce besoin de tous les expérimenter comme lors de la première fois ou,… la dernière fois en hiver; presque un powerpoint de souvenirs.

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Avant de quitter Wimereux, la dernière des coquetteries avant de switcher avec Sophie et Loïc, le traditionnel passage chez le coiffeur pour Eléonore, …

La Lumière se couche et se lève en une semaine, c’est ce qu’appellent les Chrétiens la Semaine Sainte, la Passion du Christ, sa Résurrection : La fête de Pâques. Si je fais ce rappel, c’est parce qu’elle fait partie de ces moments où, après la messe, nous nous retrouvons toujours en famille. Cette année n’a pas échappé à la règle mais cette fois nous nous retrouvons tout seul pour la première fois, c’est l’alternance des vacances qui fait cela. Alors direction une des plus belles églises de Bruxelles, celle du Sablon, nichée dans le haut de la ville, située à 800 m de la Grand-Place, cette église monumentale gothique est un monument historique de Bruxelles, situé sur la rue Royale entre la Place des Palais et le Palais de Justice, elle offre pour la Fête de Pâques un spectacle unique. Nous découvrons avec stupeur que le prêtre qui officie ce jour-là n’est qu’autre que Claude Lichter, le prêtre que j’avais connu il y a vingt ans, du temps où j’animais encore les messes avant l’arrivée de Cha. Il est tellement heureux de nous revoir, de découvrir notre famille, nos projets passés. C’est une vie que de fréquenter ainsi tout le temps des religieux partout où nous passons, nous devons aimer ça. Nous profitons de notre première terrasse au soleil, au Matange, quartier africain de Bruxelles.

Et le lendemain de Pâques, rendez-vous sur les traces des souvenirs, j’y tenais personnellement beaucoup dans une année où se fêtent les Commémorations de la 1ière Guerre Mondiale, de pouvoir faire de cette journée une rencontre sur le passé. Sophie et Loïc partent de Wimereux, Mamy et Papy de Lille, nous de Bruxelles et nous nous retrouvons sur les pas de l’Histoire immémoriale des Flandres, à Ypres, au musée des tranchés, au musée de l’horreur que tous nous devrions avoir vu un jour dans notre vie : Juste savoir aborder notre passé, s’en retrouver reconnaissant pour jouir pleinement de notre bonheur d’aujourd’hui. Tous nos enfants passent les étages de la Tour avec une curiosité, un intérêt, … C’est leur histoire à présent, c’est leur avenir et il est juste de leur faire découvrir les racines de notre démocratie et de ses lendemains incertains quand on n’a jamais pris les armes.

Chasse aux oeufs de Pâques dans les dunes de La Panne, chasse à la malice pour celle ou celui qui en rapportera le plus,… c’est fou toujours de voir que ce sont les adultes qui semblent s’amuser le plus à ce jeu-là, aurions-nous des nostalgies de notre propre enfance ?

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Le calme avant la tempête.

 » C’était un jeudi, un jeudi soir ordinaire fin avril, je m’en souviens comme si c’était hier. Ce début de soirée-là, j’étais impatient, je n’ai pas attendu qu’ils s’en aillent se coucher. Une fois la table rangée, je lui ai intimidé de rester encore un moment avec moi, la question brûlait les lèvres, montait dans ma gorge, … suffocante presque (…). »

Vous connaissez à présent la suite.

La rentrée de ce dernier trimestre porte son lot de stress, dernière ligne droite de deux mois stressants, harassants, usants et psychologiquement loin de ce bonheur qui nous échappe et que nous avions promis pour nous tous, …

Je me retrouve dans ma classe, un mardi de rentrée lorsque j’apprends qu’aucun papier administratif n’a été renvoyé par le Lycée pour l’inscription au Jury Central, juste un mail de rappel. Aujourd’hui à midi, c’est la date limite. L’angoisse monte. Je viens de bousiller dans les tunnels à 500 m de l’école la Golfe qui a rendu l’âme. Pourtant, tous les papiers ont été rendus à heure et à temps, ne manquait que celui du Lycée qui se devait de l’envoyer à l’administration centrale, lequel demandait que Maya et Noé puissent passer dans une ultime gentillesse leurs épreuves au Lycée sans se déconnecter de leur vie. J’ai bousillé ma voiture, ma petite Golfe a surchauffé et s’est arrêtée à 500 m de mon école. Pas de chance ou le début d’une journée en enfer. Qu’est-ce que je fous avec cette bagnole ? J’aurais dû prendre mon scooter.

Mon scooter, une autre forme de violence générée par toute la médiocrité humaine. J’ai adoré tellement jouir du vent, de la route, de la facilité de déplacement partout en Asie, au point que j’avais un super scooter à Bruxelles. Je l’avais déposé chez un ami pour notre année, enfin je croyais qu’il l’était jusqu’à ce qu’il l’emprunte en juin 2018, il était malencontreusement tombé, renversé sur son Harley. Nous étions à Bali, il demande alors de l’utiliser jusqu’à notre retour, le temps de la réparation, jusqu’à ce qu’il tombe en panne à son tour, il le dépose dans un garage près de chez lui en juillet. Le véhicule disparaîtra de mes yeux pendant dix mois !!! Pouvez-vous le concevoir ? Il refuse de nous dire où il se trouve, nous le retrouvons malgré lui, nous interrogeons le garagiste qui à son tour refuse de nous le montrer. Dix mois où tous les jours je passe devant le garage, sous les yeux narquois du concessionnaire, sous les yeux de la méchanceté humaine,… cela en devient une blague de café, une moquerie quotidienne, un harcèlement psychologique. Je dois même me rendre au bureau de police déposer plainte début avril pour qu’enfin il me soit rendu. Dix mois d’attente, dix mois où je paie mon essence, mon inconfort, l’ironie du mal transperce et glace jusqu’au sang. Et puis, vient le temps où la menace porte ses fruits, il me revient comme la facture, en pleine figure. Mon ami (???) ne paiera rien, toujours comme ça, même pas son propre devis, il ne me reverra plus, il fait définitivement partie des autres, de ceux qui nous ont dit ostensiblement que la vie ici qui est un mensonge, ronge celui qui la fréquente. Les gens se permettent tout avec nous, sommes-nous devenus des proies que l’on croquerait parce que plus armés depuis notre voyage face à la médiocrité et la haine, la jalousie et la perversion des yeux de celles et ceux qui souhaiteraient que nous tombions ? Je le récupère juste avant de lâcher définitivement prise, ... Je n’aurai roulé qu’une seule fois dessus. En une année. Je le range, demain, je me ferai opérer.

Ce matin-là donc, ma Golfe est immobilisée, je cours, je suis en retard, je stresse, je preste malgré tout mes deux premières heures de cours, je cours à la Direction qui ébahie par ma demande, me lâche la journée de cours pour m’occuper de l’inscription de mes enfants. (Rappel et il est important : Ma Direction, vingt années que nous nous connaissons, entre rires et larmes, entre défenses et agressions mutuelles, nos rapports n’ont jamais été simples. Pourtant, elle m’a toujours aidé pour la scolarité de mes enfants, depuis mars 2017 lors de la préparation du voyage, l’obtention des diplômes, les recherches de solutions; elle le fera jusqu’à notre départ définitif où vous savez,… En passant, merci !)

Je demande à un ami prof de prêter sa propre voiture, je retraverse Bruxelles, retrouve tous les papiers administratifs nécessaires à l’inscription à ce foutu Jury Central, ils ont les initiaux, je m’énerve tant je n’arrive pas à contenir ma rage, je repars à l’administration centrale, il est 11h53, je m’en souviendrai toute la vie, la réceptionniste me dit qu’il faut tout envoyer par lettre recommandée, je repars à la seule poste ouverte le midi, près de chez moi, je bouts, je suis en nage, j’ai envie de pleurer. A la poste, la Dame me sourit comme une agression de gentillesse à la lecture de l’adresse, je me calme en lui racontant brièvement mes aventures matinales, elle compatit, elle a vécu la même chose de la part du même Lycée pour ses enfants. Elle m’oblige de prendre l’accusé de réception, il vaut mieux, tout sera envoyé dans la demi-heure, je n’ai plus rien dans les mains, elles tremblent, j’ai réussi. Pour la première fois, je regarde le ciel gris de Bruxelles, qu’est-que je fais là ? J’ai perdu dix mois de ma vie, mes enfants sont inscrits au Jury, le pire est à venir. Je repars à Ixelles près de mon école rendre les clés de la voiture, mon ami m’attends, il est passé 13h00, on mangera ensemble, un plat cambodgien, réconciliation.

Dernière ballade à six, nous respirons, nous reparlons de tout ça, longuement entre nous le long des canaux, des péniches, du beau temps, une respiration qui porte, qui réconforte, qui nous lie encore plus, les temps des rires et des photos comme nous n’en avions plus fait depuis si longtemps, depuis Bali, notre famille est belle, nos enfants sont beaux, trop beaux que pour être abîmés, ils sont juste à protéger. Ils sont ce que nous avons de plus précieux. Si vous saviez à quel point nous les aimons et que nous volons à notre vie toutes les parcelles de bonheur parce que c’est aussi ça le vrai bonheur, celui d’être parents : s’aimer nous deux, plus fort que les tempêtes et les aimer, plus fort que nous et notre petit nous deux. La bienveillance, ce sont leur sourire, leur joie, leur idée du monde de demain, et comme une main sur l’épaule, nous les accompagnons sur leur chemin de vie. Nous ne dérivons pas, nous tenons le cap mais la mer se déchaîne malgré nous. Nous chancellons tout de même, en silence.

Noé et Maya passeront leur Jury Central à l’école, en même temps que les autres élèves de la classe de Noé, à l’exception bien kafkaienne des épreuves d’Histoire et Géographie qui ne sont pas semblables entre les 17% du réseau non-confessionnel et les 70% du réseau catholique. Je ne comprends pas les matières, je télécharge toutes les épreuves. Je découvre avec horreur toute la matière d’histoire/Géo qu’ils n’ont jamais apprise, c’est à moi de jouer (?). La situation devient ridicule, Maya aura heureusement une session allégée mais sera tout de même presque six semaines en examens, Noé s’accroche, … Les heures s’allongent, il ne nous reste qu’à nous accrocher plutôt que de pleurer le peu de larmes qui nous viennent.

Demain, je me ferai opéré du pied gauche qui fout le camp à gauche,… deux mois immobilisé, j’arrête les frais, je me consacrerai à nous. J’ai tenu jusque là, je pense à moi, j’en ai peur de l’anesthésie, de la crudité de la nudité, des soins, de l’univers de l’hôpital, cela mettra encore un peu de stress en plus, … Alors, j’ai eu envie de parler à mon Amoureuse avant,… Vous connaissez la suite,…

C’était un jeudi, un jeudi soir ordinaire fin avril, je m’en souviens comme si c’était hier. Ce début de soirée-là, j’étais impatient, je n’ai pas attendu qu’ils s’en aillent se coucher. Une fois la table rangée, je lui ai intimidé de rester encore un moment avec moi, la question brûlait les lèvres, montait dans ma gorge, … suffocante presque

Et puis en silence, nous nous sommes petit à petit préparés à remplir les caisses, à payer notre billet d’avion, à faire dans le silence de notre coeur, le départ de tout ce qui nous tient, abandonner nos souvenirs, faire souffrir notre famille, dire à nos enfants que nous n’avons plus le choix, on quitte la maison de nos rêves, notre maison familiale, tout ce que nous connaissons pour tenter l’impossible, … nous ne sommes pas qu’un couple d’amoureux transis, nous avons des enfants, nous partons pour rechercher la bienveillance, l’amour, l’amitié à reconquérir, redevenir neuf, humble, forcer le trait sur nos idéaux, retrouver une sérénité,

Juste une sérénité, pour vivre d’amour,

Pas si compliqué que de croire qu’il existe encore un ailleurs si gentil qu’il pourrait nous accueillir tous ?

Un post pour vous raconter un mois,…

Après ? La der ! Et avec envie, plutôt que des souvenirs, vous raconter nos adieux et surtout la Martinique !

A suivre

Chafab and Co

 » Partir et puis revenir,…  » (épisode 2) : De septembre 2018 à avril 2019

 » Nous nous sommes mis tous les deux à rêver d’un possible rêve : La Martinique ! Comment en sommes-nous arrivés là ?

Pour comprendre cette nouvelle aventure, il nous faut une dernière fois remonter le temps,… là où nous nous étions quittés, il y a un an déjà. Retour sur une année particulière… Lecture d’une vie d’une année, souvenirs.

Septembre 2019

Comme pour des centaines de milliers d’enfants, la rentrée est symbolique et un moment stressant, dans notre post précédant d’il y a déjà huit mois, nous vous avions partagé à quel point pour Noé et Maya ce fut une épreuve stressante. Ce fut un peu moins le cas pour Eléonore, la chance fut qu’elle a très vite retrouvé sa copine Claire qui l’attendait impatiente. Les deux compères ont des choses à se dire et à partager.

Auguste se retrouve chez notre Madame Muriel, en toute insouciance, il nous suit à travers les couloirs et regarde son nouvel univers avec de grands yeux, il est loin le temps de l’école Montessori à Pondy, dans son petit T-shirt blanc. Nous sommes heureux qu’il soit le quatrième de la bande à revenir dans cette école où nous connaissons presque tout le monde, il y a de la joie et nous sommes heureux de le voir grandir dans cet environnement-là, auprès des institutrices qui ont tant donné pour le plus grand bonheur de nos trois grands. La bientraitance, le mot clé d’une année.

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Début septembre, c’est aussi les deux semaines des 50% d’anniversaire de la famille, comme cela faisait longtemps que nous nous étions pas retrouvés, à peine une semaine, c’est au tour des Vierges de se fêter : Auguste et Eléonore,Papa; histoire de se retrouver dans notre petit jardin. Quel moment magique de prendre le temps de bénir avec notre ami Lambert les alliances du jeune couple de mariés : Doux moment où nous nous souvenons de notre propre mariage : Sophie et Loïc sont sur leur petit nuage, les Alliances à peine bénies, machinalement tous, nous jouons avec nos doigts sur la nôtre, signe de notre lien indéfectible, comme un chatouillement amoureux, à chaque fois, de l’Alliance qui fait rejaillir ce qu’il y a de beau en nous, comme à chacun des baptême ou communion, l’Amour que nous nous portons.

Retour toujours sur ces moments les plus simples que de se retrouver en famille, l’année passée si loin fait que chaque retrouvaille au soleil dans notre petit jardin, rendent les images radieuses, elles ne se comptent plus. Il y a ce sentiment de plénitude qui nourrit et surtout la présence de toute la famille est là, avec en plus Julie, la marraine d’Auguste, Anne-Laure et ses deux enfants, Lambert comme on vous l’a dit et Louky et Gilles; ne manquaient que Capu et Glenn retournés à Saint-Malo, mais heureusement, nous les avions vu la semaine précédente au mariage de Sophie et Loïc.

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Octobre 2019.

Un mois que nous sommes retournés sur les chemins des écoles, du boulot, les semaines s’enchaînent, les jours défilent. Cha a retrouvé une nouvelle équipe, les anciennes sont presque toutes parties, de nouvelles têtes sont arrivées. Dans mon collège professionnel, rien n’a changé, pas même les élèves, j’ai toujours les mêmes classes, de nouveaux enseignants sont arrivés, ils ne me connaissent pas, ils se demandent réellement qui je suis, d’anciens collègues me regardent à peine, le monde a changé. Je retrouve avec joie des amis qui m’attendaient aussi à une dernière table coincée au fond. Heureusement pour moi, les amis de la Loire sont toujours là, en bas de la rue, pour la pause déjeuner.

Ainsi va le rythme du retour, l’année passera surtout par les coupures des vacances, toujours à cette volonté de respirer la liberté. Noé est retourné au tennis, changement de club, il part retrouver ses potes historiques : Dorian et Lucas, ne manque que Raphaël, il joue au foot. Maya elle recherche l’atelier de danse indienne, traditionnelle, comme sur sa terrasse indienne. Malheureusement pour elle, les groupes ne sont constitués que d’adultes, l’aventure ne continuera pas.

Éleonore s’essaie au cataclop, dans un chouette club derrière les prairies de Meise, elle découvre la relation entre un cheval et elle, la cavalière qui doit le diriger. Première promenade avec Sandra. Auguste n’est pas en reste, il suit avec passion les premiers pas d’équitation sur son beau vélo rouge.

La douceur de la relation entre le cheval et sa cavalière fascine Auguste, toujours aussi sensible aux animaux.

Ce qui continue par contre et que nous recevons tous les jours comme une agression, une méchanceté gratuite, c’est le statut de nos grands à l’école. On a le sentiment qu’on nous fait payer notre voyage, de ressentir à ce point le reproche d’être sortis du moule, d’un chemin,

Nous qui voulions un retour sécure pour eux, nous qui avions été voir la direction des grands au tout début des préparatifs afin d’être certain que ce voyage était réalisable sans les mettre en péril, c’est loupé! Pourtant, nos trois grands travaillent, ont bien accroché et les premiers bulletins sont plutôt bons. La menace est claire, le vérificateur viendra et décidera si Maya et Noé sont dans leur bon niveau, les mails s’échangent, l’agression psychologique est là, sur nous et sur les enfants, nous sommes en tension, elle ne nous quittera plus jamais tout au long de cette année. Elle nous poursuit depuis la confirmation de leurs inscriptions/ non -inscriptions à Pondy en mars 2018. Que croyions-nous ? Qu’elle partirait? Pour rappel, nous avions si bien tout préparé, avec toutes les directions des écoles et l’accord de la communauté française; que Noé avait passé son CEB avec 1 an d’avance afin de bénéficier de la priorité fratrie et d’avoir sa place en tant qu’élève régulier dans l’école de notre choix à notre retour., qu’il a réussi avec fruits !!! Mais voilà, malgré notre préparation en amont, et leur travail fourni lors de notre voyage ( sachant que Fabien a eu l’autorisation de leur faire cours et qu’ils ont eu des dizaines d’heures de math en cours privé à Pondy ), Tous les deux ont donc le statut d’«élève libre» pour l’année scolaire, ils passeront le jury central, Maya pourquoi pas, Noé est en deuxième, il pourrait le faire dans sa classe… On est donc parti pour ce Jury,… On joue le jeu imposé, on ne trouve pas la solution…

Le retour dans l’année scolaire, c’est aussi la dernière occasion de s’essayer à un BBQ de rentrée des  » Enfants de Pondy « , le CA au grand complet pour organiser notre souper de fin novembre. Thierry nous fait rire, il est le seul à avoir pensé à revêtir le T-shirt de l’association