… « tu vois c’est presque rien « , tellement d’écrire l’amour. A toi, Alf, pour Kévin, en passant.

Ma très chère petite sœur de cœur, Anne-Laure,

… Et voilà tout ce que je sais faire … du vent dans des coffres en bambous, des pans de ciel pour mettre à tes paupières et d’autres pour pendre à ton cou, (…) et toute notre histoire en dessous.

Je prends une plume qui n’est pas la mienne, celle de mon amoureuse par qui je t’envoie les pétales de fleurs qui n’apaiseront sans doute pas les couches de douleurs sur ton cœur, tout juste quelques douceurs sur ta joue humide, quelques caresses sur les brindilles de quelques mèches qui s’envolent dans le vent à la sortie de l’église, quelques mouchoirs enfouis dans la poche secrète d’un de tes proches, quelques souffles d’amour et d’amitiés pour supporter l’instant de cohue, de ce monde qui se réunit, quelques flammes de bougies allumées en secret, quelques étoiles enchantées perchées là-haut que je voudrais descendre pour que tu t’y accroches, que tu t’y suspendes un peu, que tu t’envoles au-dessus de tout cela.

Ma Petite Anne-Laure,

Je prends une plume qui n’est pas la mienne, c’est celle de nos cœurs qui se taisent tant la distance mise entre nos continents ne pourront jamais offrir à nos bras, le câlin de nos chagrins. Je suis content que Charlotte ait pu « remonter » comme on dit ici, « retourner en Métropole », qu’Eléonore la suive avec Noé pour juste être là, qu’elle sente cet Amour partagé et cette communion car c’est une rencontre indicible de l’absence et de la présence et pour une petite fille comme elle, une présence discrète, une présence qui raconte notre vie à tous, un regard, un moment à vivre tous ensemble. Si nous avions pu, Maya qui vous connait si bien serait là, si nous avions pu Auguste se serait jeté dans tes bras et moi, j’aurais juste souri d’un sourire timide derrière mon cache-larme de l’homme digne qui ne pleure pas, t’aurais juste embrassée de tout mon être, je t’aurais tenu un instant la main comme avant, du temps où nous étions tous jeunes mariés, où nous étions tous les quatre à nous regarder fonder nos familles, j’aurais une dernière fois taper trois fois sur ton épaule pour rire, pour sourire, pour l’amour que l’on se partage, pour nous en fait. Et puis j’aurais fatigué tout le monde avec une chanson de Cabrel à la guitare comme au mariage, tu le sais, c’est tout ce que je sais faire, un presque rien dans cet instant. Je pense à vous.

Ma Petite amie de cœur,

Mais les mots saignent sur mes courses cyclistes. L’Enfer du Nord ne sera plus jamais la même, qu’importe le Blaireau d’Hinaut qu’importe Gilbert Duclos-Lassalle qu’importent les victoires belges sur l’Enfer du Nord, la dernière sur ces routes-là, nous, les Belges, domptons, cet Enfer, et puis après, la dernière ? Je vais tout détester, je vais y repenser à ces routes de traverse, à ces pavés, à ces lieux dits belges comme Capinghem dans ces Flandres si Françaises où seuls les baroudeurs s’aventurent. L’absence, insupportable, on n’y gagne rien, je vois ce truc où il faut rouler pour mieux faire, mieux parcourir, parce que la pédale permet à l’esprit de s’évaporer du stress du quotidien, qui oublie les morts sur le visage de deux ans de souffrance, de tous ces hôpitaux parcourus, de tous ces malades qu’il faut soigner, toujours sur la pédale de la voiture, de l’ambulance, sauver ce que l’on peut sauver, de celles et ceux que l’on peut soigner ! C’est un métier, une vocation, un don aussi. Imperturbable dans l’opposition des Terreux face aux Citadins, la personne humaine est un cadeau à préserver, jamais une idée passéiste, il roule ces kilomètres pour sauver sa Terre, pour sauver aussi ce qu’il donne, ce qu’il est. Il comme ça Kév, on ne peut l’arrêter, c’est un tgv, c’est un don, c’est lui, je le vois filer sauver tant de vies. Et j’aurais dû lacclamer sur le bord de la route,

Aujourd’hui, je ne sais…

Je t’aime Kévin, car tu as donné tellement de toi pour sauver tant de monde que ce monde cruel d’aujourd’hui ne reconnaît les médecins qui ont tant donné, toi, le baroudeur des routes du Grand Nord, tu ne t’es jamais ménagé, malgré ta vie de famille à être rester sur toutes les routes. Et donc, depuis hier, …

Je déteste la pédale, ce vélo, et je regarde toutes les courses, je les regarderai désormais autrement même si ça change quoi dans nos tristesses ? Et si cela arrive à l’un d’entre nous ?

L’effroi, le doute et puis l’absence, tu nous manques Kévin, tu manqueras à chacun d’entre nous, enfoiré, même pas eu le temps de t’embrasser, même pas eu le temps de se raconter le temps qui passe, les voyages, ta venue en Martinique, et puis, juste se revoir un moment.

Tu sais que nous prendrons soin des tiens, mais ? Tu t’appelles Kévin, et je suis un fou, un fou d’amour comme toi, et tu me manques. Et puis toi Anne-Laure, la douceur du presque rien, du tout qui attend. Et notre Eleonore qui pleure son parrain. Même si un sourire avec une bougie pour se rendre compte de l’absence changera rien. Enfoiré, t’es un Coluche, (je) Nous te garderons comme le plus beau des trésors, sois en sûr !!!

Un jour, mon Ange,

ALF,

Avec tes enfants, un jour sur une plage de Martinique, nous allumerons face à la Côte Caraïbe, une bougie tous ensemble, sur le sable noir et volcanique, nous regarderons vers l’au-delà cruel, vers les étoiles du matin et du soir, nous nous tiendrons nos mains en famille, nous ferons ce silence, comme une caresse sur nos cœurs et nos esprits, nous regarderons interdits une yole passer au loin, nous nous dirons « tu vois, c’est presque rien », et c’est tout à la fois. Et nous ferons des photos d’amour, et du bonheur. Et toi, Alf, tu seras avec nous, tout juste au milieu, avec tes enfants et les nôtres,

Nous t’attendons chez nous, viens t’y reposer

Ma Petite Anne-Laure, demain est un autre jour, et nous sommes tous avec (toi), avec vous,

Parce c’est presque rien mais c’est surtout tout l’Amour que nous vous portons que nous vous envoyons, des pensées prises dans des perles d’eau claire, c’est tout

Tu vois, c’est presque rien que tu ciel ordinaire, et toute notre histoire au-dessus,

Tu vois,

C’est presque rien,

Comme un rêve, comme un jeu,

Des pensées prises dans des perles d’eau claire,

Je t’envoie tout notre amour, même nos chats posés sur nos genoux, des murs couverts des fleurs que tu préfères et de la lumière surtout.

Rien que des musiques légères, d’une source entre deux cailloux, du linge blanc sur tes années de guerre,

C’est tout que ce que je sais faire, c’est tout,

Tu vois, c’est presque rien…

Cabrel,  » des roses et des orties « 

Et puis

Rien que de la lumière, et cha avec toi !

Nous t’embrassons si fort, si près de toi et des tiens, nous t’aimons.

En passant, avec tout cet Amour

Chafab and Co

 

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