» Nos premiers pas sur Madinina, l’île aux Fleurs « 

Préambule,

du 22° jour de confinement en Martinique au … ?

Je reprends les souvenirs un par un, avec tellement de mois de retard. je ne suis plus que le seul à les écrire, c’est normal quand on revient à la vie normal; les Carnets de voyage ne racontent que les événements passés, jamais du présent ou à venir comme s’il était impossible de permettre à l’écriture d’anticiper et de rêver. Déjà à nouveau huit mois de retard depuis que nous sommes arrivés en Martinique. Toujours ce retard par rapport à ce que nous vivons, toujours cette longue distance entre le réel et les souvenirs qu’on emprisonne tout d’un coup par peur de les coucher à l’encre bleue, ne plus déranger par nos aventures, ne plus rien dire car la distance et les choix sont troublants ou dérangeants pour ceux qui nous suivent, silencieusement.

Alors, je décortique les fils de nos vies, les fils insaisissables de notre chemin, comme si dans le confinement, on pouvait trouver le temps et l’énergie nécessaire d’écrire inlassablement les traces de notre histoire. Nous sommes tous enfermés chez soi et la principale prison n’est que celle de l’âme qui vagabonde entre désirs d’ailleurs, activités fébriles, combler le temps au lieu de bénir ce temps qui nous est donné pour s’arrêter et comprendre l’imparfait du subjonctif qui est si tenace dans nos esprits. C’est le temps parfait et sacré de la poésie et du rêve.  » Qu’il rêvât ce qu’il n’a jamais pu voir, qu’elle perçût le battement de l’aile d’un papillon frôlant son épaule. De l’Amoureuse naquit un léger sourire, un frémissement, un froissement de robe de soie, un parfum de fleurs exotiques, bienvenue sur l’Île aux Fleurs, Madinina « .

Comme ça, j’avoue que l’adore ce temps de conjugaison qui donne tout à l’écriture.

18 août 2020 : Dans la nuit en Martinique.

Nous y sommes, finalement, nous sommes bien arrivés, avec deux heures de retard, problème moteur à l’allumage, nous avons atterri sur notre Kho-Lanta à nous, bien que nous soyons si loin de notre Thaïlande d’il y a deux ans. Cette fois-ci, la Martinique, les Antilles. L’inconnu. Nous sommes en France, c’est perturbant, tout le monde se comprend, pas d’odeurs épicées à l’indienne, pas cette frénésie de luxe à la Thaïlandaise, pas ce bruit de la foule agglutinée aux barrières, juste la France autrement. Avec une efficacité de dingue, nous récupérons notre char de location bien efficace et suffisamment grand pour y mettre nos 9 valises qui constituent avec les coffres remplis de 14 caisses nos maigres bagages pour l’année ? En attendant notre box où nous y avons fourgué toute notre maison qui arrivera un jour par bateau …

Nous traversons les parking de l’aéroport pour partir sur une départementale toute neuve, nous nous dirigeons en aveugle sur la route, … l’autoroute de la Martinique, une deux voies qui nous emmènent sur les hauteurs de Balata. Déjà des cris dans la voiture, les enfants n’ont absolument pas dormi, ont englouti 4 films sur leurs écrans, sont en pleine forme et surtout, ironie de l’histoire, ils ont faim. Il est passé largement 23h, ils crient en voyant les enseignes commerciales, les plus populaires sont celles de la restauration rapide, nous sommes sauvés, il y en a trois bien visibles en plus des enseignes de vêtements et des centres commerciaux. Nous ne sommes pas en Inde mais en France. Et tout est fermé, nous ne mangerons pas ce soir.

La route s’obscurcit, le char à 9 places peine à monter la route. Dans notre ignorance du terrain, nous n’avions jamais regardé le relief de la Martinique, c’est vallonné, c’est une montagne volcanique, on monte et dans la nuit noire, Balata s’offre à nous, des arbres monstrueux nous enserrent, nous contraignent à lever les yeux. Cha regarde le GPS, moi la route, il fait d’un noir d’encre, nous cherchons l’entrée de notre AIRBNB. Après trois allers-retour, le chemin s’offre à nous et à son extrémité, une barrière en descente. Je stoppe la voiture, j’ai presque peur de basculer dans le vide. Nous y sommes.

Le propriétaire sort, il est tard, Erol nous accueille. Première rencontre avec un Martiniquais, présentation d’usage assez rapide, tour de la maison, nous vidons la voiture, nous la remettrons dans la bonne direction demain quand nous verrons quelque chose. Biscuits et eau, au menu et au dodo.

C’est le lendemain que notre arrivée prend tout son sens, le décor est paradisiaque, le paysage fabuleux, la terrasse, un havre de paix, et au loin, la mer. Nous sommes comblés, et premier réflexe, nous sautons dans la piscine promise aux enfants.

Puis, les applications et GPS font le reste, nous tentons le demi-tour dans l’allée et descendons vers ce mot, ce nom magique pour nous depuis six mois, Fort de France, … Direction le  » Carrefour ». Des courses avec les yeux grands ouverts, nous découvrons la « population » de l’île, nous découvrons la Martinique dans un Centre commercial. Nous sommes étonnés dans nos yeux par la diversité, nous nous étonnons des prix, quoique bien avertis déjà par toutes celles et ceux qui y ont vécu dont ma soeur, nous regardons notre première note de frais et hallucinons un peu.

En ce surlendemain, nous nous retrouvons dans Fort de France, non sans passer obligatoirement, toujours selon notre GPS, devant le Collège des enfants. L’immense Collège, devant nos yeux,  une bâtisse emmurée toute de jaune vêtue, avec son nom arborant aux passant son emblème, un Collège qui à travers les grilles semble immense. Une couleur que nous connaissons si bien, le couleur de l’ordre, une couleur très pondichérienne, une couleur si facilement reconnaissable, celle de l’ordre religieux, fut-il celui des Pères Spiritains, lesquels ont tellement travaillé main dans la main avec la Congrégation des Soeurs de Saint Joseph de Cluny. Nous sommes presque à la maison encore nous faut-il voir Fort de France !

Nous nous arrêtons sur la jetée et de suite, la ville ressemble à une petite bourgade paisible en bord de mer, dans sa crique, … presque personne, nous sommes au milieu du mois d’août, la basse saison en Martinique. Très vite, l’envie de tout voir mais le tour est rapide, Fort de France est très petit en son centre ville, nous décidons de prendre notre premier repas créole ou antillais, nous ne connaissons pas encore la différence de langage, nous jouons les touristes parfaits, nous avons hâte de goûter à cette tradition culinaire. Comment être déçus, nous n’y connaissons rien ? Mais de l’accueil, ce premier repas, premier pas en Martinique inaugure un avenir prometteur.

En ces premiers jours d’arrivée, nous prenons à la fois le repos sur les plages célèbres de la Martinique tout comme nous partons en excursions touristiques, ça part en réalité dans tous les sens, nous traversons l’île en tous sens, pour visualiser notre nouveau chez soi, retenant les noms qui sont si familiers à celles et ceux qui sont passés sur l’île avant nous : Les Trois îlets, Les Salines, Case-Pilote, la Montagne Pelée, … Saint Pierre.

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Drôle de voir la diversité de ces paysages, nos yeux emplis de cette nouvelle lumière, l’air de cette nouvelle chaleur, nous profitons des derniers jours des vacances. Demain sera la rentrée dans ce nouvel établissement. Nous rencontrons la Directrice du fondamental et des primaires, Madame Mazot avec qui nous correspondons depuis le mois d’avril. Le sourire de la rencontre, découverte de l’école, il y a comme un parfum étrange qui règne, … l’école vide se veut un havre de paix, arrêt devant les statuaires sacrées de l’établissement, la vue sur Fort de France un peu d’histoire, les enfants seront bien ici.

Si la Rentrée approche à grands pas, il n’en reste pas moins que nos envies sont plutôt du côté de la mer. On effectue en reconnaissance la boucle sud de l’île, passant par les Trois-Îlets, son débarcadère où les Collégiens traversent la baie pour se rendre à l’école.

Une scène sur la place du village, il n’en fallait pas moins pour qu’Eléonore se prennent pour Maryline.

Découverte quelques kilomètres plus loin de l’Anse du Bout, une rue commerçante de 300 m, des magasins de luxe, une marina, un peu plus loin, sur le côté un palace 5 étoiles, deux petites criques où toutes les familles du coin se sont données rendez-vous. Les avions atterrissent surplombant la baie de Fort de France, du bruit, beaucoup de bruits, c’est la fête, des jets-skis débarquent, plus loin, retrouvailles familiales autour de l musique des Antilles et l’alcool qui coule à flot, l’éclat, du coucher du soleil réchauffe notre peau par encore bronzée, on fait touriste mais nous en sommes encore, on profite.

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Souvent, au retour de la plage, c’est direction la piscine de Nathalie et Erol. Nous sommes vraiment bien chez eux, nous en profitons pour faire plus ample connaissance aussi. La qualité de cette vue de dingue, le soleil couchant, la place sur la terrasse … rendent nos premiers jours plus qu’agréables. Ce sont les vacances, elles se terminent mais quelles vacances depuis Hossegor.

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Ce dimanche, à deux jours de la rentrée scolaire, direction les Anses d’Arlet, et le Diamant, son rocher,

Le rêve ! Haut lieu de la Martinique, encore un de ces noms qui sont le plus souvent cités par toutes celles et ceux qui nous y ont précédés. Et c’est vrai que la vue et la plage du Diamant valent le détour. Ici, pas question de trop se baigner, les vagues sont terribles, Auguste prend un peu peur et préfère, après avoir eu la tête sous l’eau, de rester sagement et paisiblement au bord de l’eau.

Les vacances se terminent en cette fin du mois d’Août par la traverse de l’île d’ouest en Est : direction Saint-Marie, petit village de pêcheur gorgé d’Histoires ! Un rivage surprenant, un paysage très éloigné du sud, une mer plus sauvage, les baignades y sont interdites, une église aux couleurs des églises du Tamil Nadu surplombe la ville, une escapade pleine de fraîcheur, nous y reviendrons sûrement.

Demain les enfants ?

La rentrée des classes, et on commence par les plus petits ! Prêts ?

Mille bisous de la Martinique,

A très bientôt,

Chafab and Co

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