… Et puis définitivement repartir (Épisode 4 et fin)

Mai 2019

C’était donc la dernière grande ballade le long des canaux du Centre, dernier moment ensemble où sous un soleil, nous prenons le temps de respirer, les deux mois à venir seront psychologiquement difficiles et nos nerfs mis à rude épreuve

Aujourd’hui donc, je me fais opérer. C’est parti ! Avec tout le courage dont nous faisons preuve, l’arrivée à l’hôpital est guilleret, Cha m’accompagne, je vais vivre l’expérience la plus inédite de ma vie, passer sur le billard et découvrir le bloc opératoire, tout ça pour un hailux valgus, nom étrange donné à la déformation des pieds gauches des indiens du sud ! Pas cool leur douche à jeun, avec leur foutu produit rouge à s’enduire et la blouse qui laisse entrevoir mes belles fesses à l’air avant qu’un infirmier me cloue sur un lit pour traverser tout l’hôpital par des ascenseurs et couloirs obscurs. Puis, un embouteillage de patients, tous aussi nus que moi devant de lourdes portes qui s’entre baillent et laissent deviner la salle de torture où je vais incessamment entrer. Tout le monde se regarde, certains ont déjà les yeux fermés, moi, j’observe un monde étrange, la médecine à la chaîne, jamais je n’aurais cru que tant de gens se feraient opérer en même temps que moi si tôt le matin.

Anesthésie locale, puis générale et puis à force de regarder les écrans, on me dit qu’il est l’heure, pas eu le temps de me rendre compte que la nuit dans laquelle je sombre est un puits sans fonds, jusqu’au réveil dans la lumière crue de la salle « de réveil » qui est surprenante. D’autres corps nus m’entourent, je tente de remettre le draps, une infirmière accourt et m’aide, …  » Vous n’avez pas trop froid ? Ben si, c’est malin ! Pouvez-vous relever le drap ?  » Juste pour l’embêter je lui ai demander combien de temps ai-je dormi,… et en quelle année sommes-nous ?  » Elle a pris son air effrayé la pauvre en remontant ce foutu drap. Je ne sens pas le pied, mais j’ai faim, horriblement faim. On me ramène dans la chambre où Cha m’attend, et puis les longues heures avec la patte en l’air, Les visites, Alain et Marie Odile, Jan et Maman, Fanny et Thierry (merci pour les blue bottles), et puis le balais incessant des infirmières, toutes les deux heures qui se relaient pour la température et le pouls, … une piqûre dans le bide, mon lot quotidien où elles relèvent toute la chemise d’un geste si sec que je me demande si c’est utile, la douche devant 7 personnes dont un grand malabar qui me soutient (« Je vous lave entièrement ? Non, ça va aller, j’ai juste un truc au pied vous savez…. »)

L’hôpital est le lieu du dénuement, le lieu où l’orgueil de la beauté n’existe pas, le corps est un appareil qu’il faut réparer et où il vaut mieux ne pas penser à soi ni au regard de l’autre, il n’y a pas de regards ni de discussions, juste une rigidité proche de la mort,… Je pensais plutôt à un lieu de vie, … je n’ai pas aimé. Je me suis juste fait opérer du pied.

Fanny offre une dernière escapade sur l’eau, au Lac de Genval pour l’anniversaire de Noé, quelques moments de répit avant la session d’examens, avant ce qui tue et qui donne cette impression que rien ne sera facile. A voir leurs sourires sur leur pédalo, il y a l’insouciance de la jeunesse, le bonheur partagé et la vie qui coule lumineuse au ras des flots.

C’est fait, les dés sont jetés, .. ils ont fait leur max, ils ont réussi, dans leur marge de progression, nous sommes arrivés au bout de notre route, sans le dire, la tournée des adieux arrive, si vite et trop vite mais c’est notre choix de partir, voir si dans ce rêve fou il y a de l’espérance, de la réconciliation entre notre vie amoureuse et l’amour de la vie, retrouver notre famille sereine, loin des fracas des jalousies et rancunes, petites blessures et risques de perdition. …

Nous avons poussé le bouchon de l’idiotie du stress jusqu’à se faire convoquer à la Police, audition ridicule où l’agent se pose la question du pourquoi du comment nous sommes en infraction de passage de contrôle technique et que nous n’avons pas passé ledit passage depuis juillet 2017… Voilà autre chose. Comme c’est Charlotte qui est convoquée, nous décidons que Jan nous accompagnerait si l’audition se fait en néerlandais. Nous lui expliquons qu’il y a un soucis puisque les voitures ont été immobilisées pendant un an, les plaques rendues, et remises en circulation à notre retour. Impossible de passer le contrôle technique en étant en Asie du Sud Est. Il semble comprendre et notre déclaration est envoyée au Procureur du Roi; les voitures sont finalement passées et nous sommes en ordre, on verra la suite. Chez nous, pour nous, il y a toujours une suite…

Juin 2019

L’école, toujours l’école sans photos ni état d’âme, deux mois sans photos c’est rare mais en dit long sur ce que nous vivons. Les mails s’échangent avec les Soeurs de Cluny dans les Antilles. Chaque nouveau message nous procure de la joie, il y a cet accueil incroyable, une histoire qui se partage entre nous déjà, à 9000 km d’ici. En un tour de main et coup de force, grâce à la Soeur Provinciale, nos quatre enfants sont inscrits au Séminaire Collège, un des grands collèges privés de Fort-de-France, par l’entremise de Gilles Voyer, le Proviseur du Couvent, ils iront tous les quatre là-bas, mixité oblige. Premier pari réussi, les enfants sont inscrits.

Demain ? Nous partirons à nouveau en silence, avons-nous le choix ? Nous partageons la nouvelle à la famille, nous sentons que c’est le moment, dans nos coeurs, chaque minute est un pleur silencieux, un arrachement mais si nous restons, que deviendrions-nous tous les deux ? Tous les six ? Nous mesurons la gravité de notre décision, nous mesurons le pas vers l’espérance, le bien de notre couple autant que le bien supérieur de nos enfants… personne ne pourra jamais se rendre compte de l’agression que nous vivons et auquel plus personne ne croit.

Charlotte n’a plus jamais parlé de ce voyage en Terres Inconnues. Malgré les nombreux changements dans son équipe de l’ONE, elle s’adapte même plus, elle a découvert tout au long de l’année une nouvelle bande de copines,… qui, sans s’en apercevoir la fête lors de ce nouveau départ, une année marque, … sa principale qualité c’est son écoute. Et puis, plus grand encore, sa bienveillance, ce qu’elle cherche chez l’autre, c’est la gentillesse naturelle, le regard, la compassion,… La femme que je vous décrivais de ma terrasse du Vietnam, du Laos, de mes récits que sont devenus ce blog. Sans elle, rien n’est possible.

Nous sommes dans le dur, le vrai, les grands doivent réussir, je le veux de toute ma force et mon âme, la patte en l’air, je télécharge sans cesse toutes les épreuves de ce foutu brevet qui, paraît-il serait l’excellence de la FWB, je rigole. Je passe mes journées au rez-de-chaussée, j’écoute les bruits de la rue, je perds mon temps si précieux. Quelques visites en deux mois, je regarde la corniche d’en face. Nous nous concentrons tout ce mois de juin à la réussite de leur brevet, ce fameux CE1D, … par la force des choses et grâce à leur courage, les enfants réussissent haut la main, de même que leur année. Pour eux, c’est la tournée des adieux, ils se préparent lentement et sûrement aux derniers au-revoir.

Eléonore assiste au concert de musique classique de son école de musique, concert exceptionnel dans le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Maya et moi nous l’accompagnons, chantant la « Marche Montante « , sidérés aussi par les talents de tous ces jeunes mélomanes qui produisent un spectacle de qualité.

Notre deuxième grande cartonne en cette fin d’année et s’offre une après-midi éclatante avec ses copines de classes, sa grande amie Claire fait partie de la fête, entre cuisine et bricolages divers, c’est son après-midi et soirée exclusives.

Noé, le plus jeune de sa classe a réussi avec brio son CE1D, son année scolaire aussi. A force de talents, d’intelligence et de travail, il nous offre un succès mérité. Une fois de plus, dans une méchanceté du système de la FWB, il ne sera pas invité à la proclamation des résultats, pas même le temps de dire au-revoir à ses potes de classe, il doit, lui, attendre le 30 juin pour que sortent enfin les résultats du Jury Central. Exclu donc de la Communauté des étudiants, il ne les reverra plus, ni ses enseignants ni ses potes. Nous, parents, toujours plus dégoûtés, ne savons même pas ce qu’il vit dans son coeur. Tout sortira en son temps, un jour, dans la douleur d’une adolescence qui commence.

Noé a treize ans, ses amis historiques le fêtent avec cette joie rarement vue pour une bande pareille, nous les connaissons tous depuis la maternelle : Dorian, Lucas, Raphaël et Matteo, … quoique nous puissions choisir comme avenir, cette bande-là restera, … C’est émouvant et même ils nous crèvent le coeur. Nous fêtons son anniversaire dans une salle particulière où la bande des cinq doivent s’entre-aider dans toutes les épreuves, « Koesio « , délires assurés. Les parents nous rejoignent pour ce qui s’apparentera à un dernier verre : Nous leur expliquons notre nouveau départ, les choses sont dites.

Dans la voiture, au retour, nous ramenons Lucas chez son Papa. Il nous interpelle à son tour, coincé sur la banquette arrière de notre vieille C8 qui a elle aussi décidé de ne plus vivre avec nous et mourra quelques jours plus tard de sa belle mort. (Nous ne savions pas qu’une machine pareille pouvait être aussi en adéquation avec notre vie et demander le suicide pour arrêter les frais).

Lucas, donc, accoudé entre nous, nous redemande pourquoi on s’en va. Il nous dit à quel point il fut touché par notre aventure d’une année en Asie du Sud-Est, à quel point Noé lui manquait au quotidien. A présent que nous partons pour « Toujours ! »….

Ce petit bonhomme, pas plus haut qu’une pomme nous fait presque pleurer quand il nous annonce qu’il aura bien du mal à vivre sans Noé. Nous avons bougé les rétroviseurs et ouvert la fenêtre, nous avons regardé ailleurs pour ne pas affronter ces sentiments. Les écrire est une épreuve. Nous espérons ne pas avoir abîmé nos enfants.

Maya, notre grande princesse, a tenu le choc jusqu’au bout,

L’école, toujours l’école,… Maya reçoit son bulletin fin juin. A la différence de Noé, elle peut participer à la proclamation des résultats. Nous, parents, n’aurions pas dû la mettre en danger. Elle s’avance, elle sait que certains résultats ne sont pas à la hauteur mais elle s’avance. Devant la nouvelle direction, devant tous les élèves et tous les professeurs de 3°, elle s’entend dire qu’elle n’a pas satisfait dans deux branches, que sa réussite est conditionnée à une autre, celle du CE1D qui arrivera dans quelques jours. Perversion ultime d’un monde abîmant, maltraitant, inhumain. Cette fois-ci, Maya tient la tête haute, ne fond pas en larmes. Elle se souvient de son ancien Directeur qui l’avait agressée en public de la même manière deux années auparavant. Vous savez, celui qui fut notre ami, mon collègue, mon ancien directeur, qui a même offert un cadeau de naissance à … Maya. Cette fois-ci, sa remplaçante fait de même mais Maya, d’un regard noir, les épaules hautes, la regarde dans les yeux, se tait, ne sombre pas et défie le Mal contre son bonheur intérieur. Maya a gagné. Bien sûr, elle passe par une petite porte avec un échec en math, … qu’est-ce que les mathématiques, son problème récurrent. Pas de prof pendant une année, un ancien collègue et ami le remplace en cours d’année et ne fera pas mieux; pire même…une prof de langue lui donne un travail de vacances en néerlandais pour partir en Martinique (ça sert à quoi ?) … et avoue dans un escalier qu’elle a 50% au final. En tant que parent, je bouts, … en tant que prof, je comprends.

Mais jamais nous n’accepterons cette violence verbale d’une direction ou d’un enseignant, car vivant au coeur du système depuis vingt ans et jamais, en tant que parents, nous le voudrions pour les autres. triste fin apocalyptique pour nos enfants

… et le pire est à venir….

Grâce à sa titulaire, Florence et notre ami Etienne, ses profs principaux, elle a donc tenu le choc. Nous ne savons comment les remercier pour tout leur soutien. Flo, une prof de Français comme moi n’a cessé jusqu’au bout de nous soutenir, encourager Maya à bout de bras, tant et tel que notre au-revoir en juillet, nous sommes tombés bras dessus dessous. La voir écraser, à son tour, une larme, me rappelle toujours qu’être enseignant est un des métiers les plus nobles et gratifiants qui soit. J’ai aimé ce métier, je le resterai à jamais dans l’âme. Etienne, membre de notre Association attend sa réponse du pourquoi d’un Ganesh en fin d’année, il attendra toujours car Ganesh ce n’est que du bonheur. On en rit encore.

Maya, donc, a l’autorisation exceptionnelle d’ouvrir la maison pour recevoir toute sa classe. Dans une maturité qui nous étonne encore aujourd’hui, elle annonce toute seule, avec un aplomb de dingue son départ définitif pour la Martinique. Des cris, des larmes à nouveau, personne ne comprend, elle est adorée, elle tient le choc, sa soirée est une embrassade à la vie et l’amitié. Nous faisons vivre à nos enfants des chocs que nous ne demandions pas, nous sommes sûrs que Maya, si grande, ouvre les bras sur un devenir plus beau, plus serein, plus ouvert sur le monde…. elle est une preuve à elle toute seule de la réussite possible.

Auguste ? Notre dernier petit prince de la famille ne sait pas tout ce que nous vivons mais pas question de l’oublier. Nous décidons à notre manière de l’emmener faire ses adieux à sa maîtresse, Grosse commande de fruits mis en corbeille, quelques bouteilles de vins blancs et cava, jus d’orange et coca et nous voilà partis pour une dernière fois embrasser celles qui ont toujours pris soin de nos quatre enfants, qui les ont chéris, les ont vus grandir, nous ont accompagnés et soutenus, accueillis Auguste pour cette année unique, … Nous garderons d’elles, de Madame Valérie la Directrice, de Madame Karine, l’institutrice de Maya, Madame Murielle, celle de Noé et Auguste, Madame Carole, celle d’Eléonore, et de toute l’équipe éducative, avec mille bisous aussi pour Jeanne qui nous suit tous les jours sur les réseaux sociaux… des Souvenirs merveilleux. Toutes nos amitiés Mesdames, vous fûtes pour nous un rayon de soleil, et nous en avions bien besoin. Que votre route soit belle, que cette école maternelle reste ce petit écrin de verdure souriant et bienveillant.

Auguste vous embrasse très fort !

Juillet 2019

Nous recevons en ligne ce vendredi 30 juin les résultats du CE1D, ce fameux Jury Central : Maya et Noé ont réussi !!! Nous sommes heureux. Fin de l’histoire. Le pari d’une aventure humaine de plus de deux ans est gagné, nous sommes heureux pour eux.

La vie va pouvoir reprendre son cours normal, faire ses valises et sentir le vent du large. La Martinique nous appelle, dans quelques jours, tous les enfants s’en iront rejoindre leurs Grands-Parents et diront un dernier « Adieu » à la belgitude, à leur pays, à tout ce qu’ils connaissent pour plonger dans l’inconnu. Ils savent ce qu’ils quittent, ignorent la beauté de l’existence qui les attend, le rayon de soleil qui apaise les coeurs.

C’est le temps de fêter en famille ce week-end l’anniversaire de Noé, avec un peu de retard, dans les jardins de Fanny, dernier soulagement, … on en sourit, c’est fini…

Ce lundi 3 juillet, retour une dernière fois au Lycée de Maya et Noé.

Noé va chercher son bulletin, nous avons transféré les notes de son Jury Central. Dernier Rendez-vous avec la Direction.

Le climat est très tendu, la Direction sait que nous partons, tout comme le savait le Conseil de Classe. Au-delà de la réussite de Noé, dernière pique envoyée, il nous est demandé le choix d’option pour l’année prochaine. J’interviens pour faire cesser la comédie, il n’y aura aucune option à choisir, nous partons. Feinte irréelle. On se rappelle une dernière fois des procédures légales pour que Maya et Noé aient leur diplôme.

Je vis dans un autre monde, dernier cadeau de remerciement, Noé et moi nous en allons, dos à l’école de mon enfance qui m’a édifié, de mes amis historiques, ces profs qui m’ont donné la vocation avec Soeur Simone, si elle me lisait,… s’ils me lisaient. Un lycée où j’abandonne ma foi, mon espérance dans cet enseignement que je chérissais tant, des amis, Daniel qui me manque tous les jours, Philippe, Bauduin, Jean-Luc, et tant d’autres, … Et puis Florence et Etienne. Un Lycée que j’ai choisi pour le bien de mes enfants, que deux directions auront suffi à abattre dans les sentiments et que je quitte encore peut-être plus douloureusement que mes propres enfants.

10 juillet

Nous avons attendu toute la semaine des nouvelles de leur certification des diplôme, guettant le facteur et nos boîtes mails. Nous sommes le lundi 10 juillet, j’ai trop attendu, dans le doute je retourne au Lycée. L’école est fermée, je revenais chercher leurs diplômes, le papier sacré qui font que Maya et Noé sont redevenus des élèves normaux, réguliers. La direction n’a rien envoyé à l’administration : ce n’est pas un oubli, elle devait le faire une semaine auparavant comme le demandait l’administration centrale, comme le demandait la Sanction des études, …. ils ne seront pas certifiés, … théoriquement, hors du délais des 24h prescrits par la Loi. Maya donc raté année. Noé passera peut être, Maya partir en lycée professionnel. Un oubli ?

Silence de l’administration qui ne peut rien faire si les papiers officiels du Lycée n’ont pas été envoyés. Le service juridique avait tout préparé, envoyé des mails à la direction pour qu’elle connaisse la procédure à suivre pour que nos deux enfants redeviennent élèves (!). Nous le savions tous, depuis février, depuis ce lundi 3 juillet où la directrice me dit qu’elle envoie les papiers attestant la réussite de nos enfants immédiatement.

J’ai gardé un doute un tête, je suis revenu sur mes pas ce 10 juillet. Quelle honte ! Les portes sont définitivement fermées, j’ai perdu, je suis perdu et je le prends pour moi ! C’est pire que du harcèlement que je connais tant, depuis si longtemps. Ici, c’est de la méchanceté, une vengeance perverse, ils touchent à l’avenir de nos enfants. Nous avions respecté une fois de plus, une fois de trop la parole et l’engagement donné, nous avons, Maya et Noé, nous deux, tellement investis comme énergie… les portes sont fermées. Abîmé, une fois de plus.

Je cours dans Bruxelles, nous prenons un avocat, On attendra encore cinq mois pour le dénouement. C’est lui qui s’occupera de récolter les infos et les mises en demeure en vue d’obtenir leur diplôme. Nous avons respecté notre contrat, on nous fait payer très cher l’addition d’un voyage d’une vie. Qu’ont-ils respecté ? Jalousie et cynisme, cruauté et malveillance, hypocrisie et lâcheté, ignorance et bêtise humaine, … tout le cocktail d’une société désemparée, désespérée.

Comment je me sens, il n’y aura pas de fête d’adieux, je cours dans le dédale de ma colère, de mon insuffisance, de mon manque de discernement, … devant le stress que je transpire à toute ma famille. L’attente sera longue, très longue, …

L’histoire dira qu’au début décembre 2019, juste avant mon retour en Belgique, suite à nos multiples demandes, lettres recommandées aux directions et au PO, à la FWB, … enfin le Séminaire Collège de la Martinique qui nous soutien pour l’équivalence des diplômes entre la France et la Belgique; elle qui demande le dossier scolaire de nos enfants depuis septembre, les reçoit enfin ! Les diplômes certifiés sont en notre possession.

L’histoire s’arrête là, eux ne paieront pas. L’histoire restera cachée, ils restent impunis et continueront à faire de la sorte pour d’autres. Nous vivrons avec ça.

Maya et Noé continueront désormais leur scolarité très loin de la Belgique, nous ne reviendrons plus.

Une page s’est tournée.

L’arbre majestueux au bout de notre jardin est déraciné, coupé en mille morceaux, il a disparu de nos yeux pendant le déménagement, Quelqu’un l’a abattu, comme quelques uns l’ont essayé pour nous.

De cet arbre, il reste le vestige de nos souvenirs heureux de quinze années passées dans la maison du bonheur.

Demain, nous déménagerons, nous quitterons à nouveau notre confort, c’est un choix, le nôtre, nous n’avions pas le choix si nous voulons le bonheur de notre famille. La page s’écrit à présent à 9000 km d’ici, notre nouveau chez nous que nous vous conterons l’année prochaine,

cof

Nous tenions à vous remercier pour votre soutien, votre amitié, vos marques d’affection, et ne soyez pas tristes pour nous, notre blog vous raconte une vie, avec ce qu’elle porte de difficile mais à travers les mots, il y a toujours le sourire de nos enfants qui sont le fondement de l’amour que nous leur portons.

De douces fêtes et nos meilleurs voeux d’amour et de tendresse pour 2020.

Chafab and Co

cof

Une réflexion sur « … Et puis définitivement repartir (Épisode 4 et fin) »

  1. Je termine à l’instant la longue lecture de ces mots, de ces émotions, de ces ressentis, de ces incompréhensions…
    Mon Dieu !
    Aujourd’hui, à l’aube d’une année qui sera tellement nouvelle pour toute la famille, je viens vous souhaiter la paix, oui… la paix dans vos cœurs trop souvent blessés ces derniers temps !
    Je crois comprendre que cette paix vous a déjà investis depuis votre arrivée dans ce nouveau monde. Entretenez-la !
    Plein de doux câlins !
    Bauduin

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