Partir et puis revenir… pour un nouveau départ ! (Épisode 3)

épilogue : C’est toujours mieux de commencer par la fin du commencement…

Strombeek-Bever, un soir de fin avril 2019, à la maison.

C’était un jour ordinaire, semblable à tant de jours passés depuis notre retour, une routine au quotidien qui nous fait passer par les retours de conduite, prendre les enfants à l’école, réaliser les devoirs et attendre que Maman revienne. Une fois le souper passé, les enfants se sont installés un moment devant la télévision, dernier moment de détente avant le départ au pays des rêves, une routine bien rodée donc; comme dans toutes les familles, souvent les parents attendent le sommeil des enfants pour se retrouver un moment et souffler.

C’était un jeudi, un jeudi soir ordinaire fin avril, je m’en souviens comme si c’était hier. Ce début de soirée-là, j’étais impatient, je n’ai pas attendu qu’ils s’en aillent se coucher. Une fois la table rangée, je lui ai intimidé de rester encore un moment avec moi, la question brûlait les lèvres, montait dans ma gorge, … suffocante presque.

– Cha, tu pourrais me rappeler les conditions d’un départ ailleurs, comment faire avec les boulots et la maison ?

– Pourquoi cette question ?, me dit-elle d’un regard mêlé de curiosité et d’appréhension.

Cha me connaît par coeur, toujours, c’est elle qui exprime ses idées, ses envies, ses passions, ses rêves, … à toutes ces choses-là, moi qui suis pourtant un doux rêveur et surtout un fonceur, j’écoute, je ne dis rien, j’entends ou par un hochement de tête indien, je laisse l’information circuler au tréfonds et dédale de mes pensées avant de l’oublier trop souvent, ce qui a le don de l’agacer fortement quand je ne réponds pas … j’ai changé le jour où l’on m’a enlevé mon théâtre, les voyages, mes élèves, mon école, l’âge sans doute où les milliers de projets qui se bousculent dans ma tête pas bien grosse qui explose sans cesse. Et puis, tout d’un coup, je reviens à elle comme un diable vauvert sorti de sa boîte, dans un n’importe quoi qui me caractérise et la surprend toujours, je reviens comme si l’idée était mienne.

Ainsi, je me souviens de ma demande en mariage. Cha attendait patiemment mais un peu inquiète cette demande qui ne venait pas. Elle me rejoignit en janvier 2002 à la fin de ses études d’infirmières à Lille habiter mon minuscule appartement à Schaerbeek, au grand désarroi de ses parents. Je lui avais toujours dit qu’une fois que nous habiterions ensemble, nous avions un engagement à prendre, telle la promesse faite sur notre terrasse indienne : nous marier. Je ne sais toujours pas pourquoi il m’a fallu six mois pour aller acheter un bague à Anvers avec mes amis. Je me souviens encore de ses mots : » Je pensais que tu ne voulais plus,… » J’ai dû sourire une fois de plus, c’est mon pire défaut que ce sourire-là, le mec qui se croit trop fort quand il sort son message. C’est sans doute ce qui est arrivé ce soir de fin avril.

J’ai donc pris cet air malicieux, mes yeux brillent et l’invitent à s’asseoir dans notre petite cuisine, sur le banc des enfants, prendre le temps d’un dernier verre. Les enfants sur la canapé à l’autre bout de la pièce semblent ne pas nous entendre mais entendent toujours. Timidement je me lance dans une tentative malhabile de lui exposer mes dernières réflexions. Nous avions pris l’habitude en semaine de s’octroyer un temps pour partager nos envies, nos passions, nos rêves. Rien n’est jamais simple lorsque la vie active nous happe dans sa gueule frénétique du temps, si peu de temps pour se voir, partager alors pour une fois,… (cruel mensonge quand nous pratiquons ces moments de plus en plus au grand agacement des enfants qui se sentent exclus par nos petits verres en aparté.)

Pour cette nouvelle fois donc, nous nous installons devant une bouteille de vin rouge et deux verres.

– La Martinique ? ça te dirait la Martinique plutôt que le Brabant Wallon ou Montpellier ? Là-bas, il y a la France, la modernité française, les lycées, les bonnes écoles pour tous, du boulot, les charmes paradisiaques d’une île, ses plages, son soleil,… et même les Soeurs de Cluny. Pour les enfants, ce serait génial, omettant de dire que pour moi ce serait exceptionnel. Pas besoin de se taper le Lycée Français de Pondichéry, pas besoin pour moi comme pour elle d’équivalence de diplôme,

Tu as ton brevet d’état, pas besoin de dire adieu à notre Association, les Soeurs de Cluny nous attendent pour leur projet, …. Avec une rapidité déconcertante, j’ai du mélanger mes propres envies avec toutes les cases remplies pour tout le monde. Je ne me rappelle plus des termes exacts de notre discussion mais bien du temps que cela nous a pris. Une soirée à se projeter, … tant de choses à énumérer, à imaginer, les mêmes questions qui nous font tous recommencer. Dire que ce fut le moment décisif pour prendre la plus grande décision pour notre avenir serait mentir, d’autres choix se posent toujours à nous mais celui-là fut un moment particulier. Nous nous sommes mis tous les deux à rêver d’un possible rêve. La Martinique, un besoin, nous n’avons plus le choix, ici, c’est devenu trop difficile; pourquoi irions-nous dans le Brabant Wallon si ce n’est pour rajouter du temps dans les conduites sur la route ? Montpellier ? Si peu d’opportunité de boulots pour moi, l’incertitude du travail de Charlotte qui pourrait l’envoyer en PMI dans un rayon de 30 km. C’est d’ailleurs à Montpellier où je suis arrivé, après de longues séances plénières à être le second choix de la mairie d’un petit village pour reprendre leur théâtre municipale et la salle des fêtes et que la Maire m’avait déclaré que mon profil irait bien en Martinique. Nous avons gardé ce nom dans un coin de notre tête.

La Martinique, le rêve se met en place, retour sur notre bout de vie. Il ne reste que quelques mois avant le départ.

Avril 2019, un mois auparavant.

Les vacances arrivent enfin ! Nous profitons des premiers rayons de lumière pour fêter Mamy et Mathilde : ce sont leurs anniversaires et tout le monde se déplace à Lambersart pour ne pas rater ce moment-là. D’abord, l’invitation du premier repas dans le jardin, le temps des anniversaires et des cadeaux, Il y a toujours quelque chose de bon que de se retrouver en famille. Depuis le mariage de Sophie et Loïc, c’étaient aussi les grandes retrouvailles chez eux où nous passons le WE pour fêter tout le monde. La générosité de leur accueil, les chambres partagées, les cousins qui dorment ici, les cousines chez Papy et Mamy, on organise entre les parents un  » petit bordel » pour le plus grand bonheur des enfants. Et puis, retrouver leurs amis proches huit mois après leur mariage, presque deux après leurs fiançailles , c’est toujours aussi troublant; comme si le temps n’avait de prise sur nous. A cet instant, nous ignorons que ce sera la dernière fois avant longtemps.

Nous avons fêté Mamy ce dimanche midi, le lendemain de la veille, le temps de profiter de la sieste réparatrice du boulot, le temps de se mettre bientôt en mode vacances. (ça c’est pour dire Merci à Sophie Loïc !!! Milles mercis pour votre accueil et d’avoir rendu ce WE un peu fou !)

C’est parti pour le froid polaire de Wimereux, nos vacances chéries. A nouveau, comme souvent par le manque de congés de Cha, je repars seul avec mes quatre enfants adorés, … parfois je croise le regard interrogateur ou intrigué des vacanciers qui semblent surpris par ce Papa qui semble divorcé avec ses 4 (!) enfants, je m’en amuse toujours, … C’est la semaine de la digue tant il fait froid, et un peu moche, … Auguste maîtrise toujours plus sa trottinette qu’il ne lâche plus, … Partie de foot à 5 même, les filles se débrouillent au plus grand plaisir des garçons, et puis viennent les traditionnelles escapades au Touquet; le temps de manger une gaufre, Berk et son festival des cerfs-volants, Ambleteuse, et surtout un de nos endroits préférés, la célèbre plage du Trou-du-Nez au pied du Cap Gris-Nez. Les endroits sont trop nombreux pour tous vous les décrire, nous les bouffons littéralement, comme si nous avions ce besoin de tous les expérimenter comme lors de la première fois ou,… la dernière fois en hiver; presque un powerpoint de souvenirs.

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Avant de quitter Wimereux, la dernière des coquetteries avant de switcher avec Sophie et Loïc, le traditionnel passage chez le coiffeur pour Eléonore, …

La Lumière se couche et se lève en une semaine, c’est ce qu’appellent les Chrétiens la Semaine Sainte, la Passion du Christ, sa Résurrection : La fête de Pâques. Si je fais ce rappel, c’est parce qu’elle fait partie de ces moments où, après la messe, nous nous retrouvons toujours en famille. Cette année n’a pas échappé à la règle mais cette fois nous nous retrouvons tout seul pour la première fois, c’est l’alternance des vacances qui fait cela. Alors direction une des plus belles églises de Bruxelles, celle du Sablon, nichée dans le haut de la ville, située à 800 m de la Grand-Place, cette église monumentale gothique est un monument historique de Bruxelles, situé sur la rue Royale entre la Place des Palais et le Palais de Justice, elle offre pour la Fête de Pâques un spectacle unique. Nous découvrons avec stupeur que le prêtre qui officie ce jour-là n’est qu’autre que Claude Lichter, le prêtre que j’avais connu il y a vingt ans, du temps où j’animais encore les messes avant l’arrivée de Cha. Il est tellement heureux de nous revoir, de découvrir notre famille, nos projets passés. C’est une vie que de fréquenter ainsi tout le temps des religieux partout où nous passons, nous devons aimer ça. Nous profitons de notre première terrasse au soleil, au Matange, quartier africain de Bruxelles.

Et le lendemain de Pâques, rendez-vous sur les traces des souvenirs, j’y tenais personnellement beaucoup dans une année où se fêtent les Commémorations de la 1ière Guerre Mondiale, de pouvoir faire de cette journée une rencontre sur le passé. Sophie et Loïc partent de Wimereux, Mamy et Papy de Lille, nous de Bruxelles et nous nous retrouvons sur les pas de l’Histoire immémoriale des Flandres, à Ypres, au musée des tranchés, au musée de l’horreur que tous nous devrions avoir vu un jour dans notre vie : Juste savoir aborder notre passé, s’en retrouver reconnaissant pour jouir pleinement de notre bonheur d’aujourd’hui. Tous nos enfants passent les étages de la Tour avec une curiosité, un intérêt, … C’est leur histoire à présent, c’est leur avenir et il est juste de leur faire découvrir les racines de notre démocratie et de ses lendemains incertains quand on n’a jamais pris les armes.

Chasse aux oeufs de Pâques dans les dunes de La Panne, chasse à la malice pour celle ou celui qui en rapportera le plus,… c’est fou toujours de voir que ce sont les adultes qui semblent s’amuser le plus à ce jeu-là, aurions-nous des nostalgies de notre propre enfance ?

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Le calme avant la tempête.

 » C’était un jeudi, un jeudi soir ordinaire fin avril, je m’en souviens comme si c’était hier. Ce début de soirée-là, j’étais impatient, je n’ai pas attendu qu’ils s’en aillent se coucher. Une fois la table rangée, je lui ai intimidé de rester encore un moment avec moi, la question brûlait les lèvres, montait dans ma gorge, … suffocante presque (…). »

Vous connaissez à présent la suite.

La rentrée de ce dernier trimestre porte son lot de stress, dernière ligne droite de deux mois stressants, harassants, usants et psychologiquement loin de ce bonheur qui nous échappe et que nous avions promis pour nous tous, …

Je me retrouve dans ma classe, un mardi de rentrée lorsque j’apprends qu’aucun papier administratif n’a été renvoyé par le Lycée pour l’inscription au Jury Central, juste un mail de rappel. Aujourd’hui à midi, c’est la date limite. L’angoisse monte. Je viens de bousiller dans les tunnels à 500 m de l’école la Golfe qui a rendu l’âme. Pourtant, tous les papiers ont été rendus à heure et à temps, ne manquait que celui du Lycée qui se devait de l’envoyer à l’administration centrale, lequel demandait que Maya et Noé puissent passer dans une ultime gentillesse leurs épreuves au Lycée sans se déconnecter de leur vie. J’ai bousillé ma voiture, ma petite Golfe a surchauffé et s’est arrêtée à 500 m de mon école. Pas de chance ou le début d’une journée en enfer. Qu’est-ce que je fous avec cette bagnole ? J’aurais dû prendre mon scooter.

Mon scooter, une autre forme de violence générée par toute la médiocrité humaine. J’ai adoré tellement jouir du vent, de la route, de la facilité de déplacement partout en Asie, au point que j’avais un super scooter à Bruxelles. Je l’avais déposé chez un ami pour notre année, enfin je croyais qu’il l’était jusqu’à ce qu’il l’emprunte en juin 2018, il était malencontreusement tombé, renversé sur son Harley. Nous étions à Bali, il demande alors de l’utiliser jusqu’à notre retour, le temps de la réparation, jusqu’à ce qu’il tombe en panne à son tour, il le dépose dans un garage près de chez lui en juillet. Le véhicule disparaîtra de mes yeux pendant dix mois !!! Pouvez-vous le concevoir ? Il refuse de nous dire où il se trouve, nous le retrouvons malgré lui, nous interrogeons le garagiste qui à son tour refuse de nous le montrer. Dix mois où tous les jours je passe devant le garage, sous les yeux narquois du concessionnaire, sous les yeux de la méchanceté humaine,… cela en devient une blague de café, une moquerie quotidienne, un harcèlement psychologique. Je dois même me rendre au bureau de police déposer plainte début avril pour qu’enfin il me soit rendu. Dix mois d’attente, dix mois où je paie mon essence, mon inconfort, l’ironie du mal transperce et glace jusqu’au sang. Et puis, vient le temps où la menace porte ses fruits, il me revient comme la facture, en pleine figure. Mon ami (???) ne paiera rien, toujours comme ça, même pas son propre devis, il ne me reverra plus, il fait définitivement partie des autres, de ceux qui nous ont dit ostensiblement que la vie ici qui est un mensonge, ronge celui qui la fréquente. Les gens se permettent tout avec nous, sommes-nous devenus des proies que l’on croquerait parce que plus armés depuis notre voyage face à la médiocrité et la haine, la jalousie et la perversion des yeux de celles et ceux qui souhaiteraient que nous tombions ? Je le récupère juste avant de lâcher définitivement prise, ... Je n’aurai roulé qu’une seule fois dessus. En une année. Je le range, demain, je me ferai opérer.

Ce matin-là donc, ma Golfe est immobilisée, je cours, je suis en retard, je stresse, je preste malgré tout mes deux premières heures de cours, je cours à la Direction qui ébahie par ma demande, me lâche la journée de cours pour m’occuper de l’inscription de mes enfants. (Rappel et il est important : Ma Direction, vingt années que nous nous connaissons, entre rires et larmes, entre défenses et agressions mutuelles, nos rapports n’ont jamais été simples. Pourtant, elle m’a toujours aidé pour la scolarité de mes enfants, depuis mars 2017 lors de la préparation du voyage, l’obtention des diplômes, les recherches de solutions; elle le fera jusqu’à notre départ définitif où vous savez,… En passant, merci !)

Je demande à un ami prof de prêter sa propre voiture, je retraverse Bruxelles, retrouve tous les papiers administratifs nécessaires à l’inscription à ce foutu Jury Central, ils ont les initiaux, je m’énerve tant je n’arrive pas à contenir ma rage, je repars à l’administration centrale, il est 11h53, je m’en souviendrai toute la vie, la réceptionniste me dit qu’il faut tout envoyer par lettre recommandée, je repars à la seule poste ouverte le midi, près de chez moi, je bouts, je suis en nage, j’ai envie de pleurer. A la poste, la Dame me sourit comme une agression de gentillesse à la lecture de l’adresse, je me calme en lui racontant brièvement mes aventures matinales, elle compatit, elle a vécu la même chose de la part du même Lycée pour ses enfants. Elle m’oblige de prendre l’accusé de réception, il vaut mieux, tout sera envoyé dans la demi-heure, je n’ai plus rien dans les mains, elles tremblent, j’ai réussi. Pour la première fois, je regarde le ciel gris de Bruxelles, qu’est-que je fais là ? J’ai perdu dix mois de ma vie, mes enfants sont inscrits au Jury, le pire est à venir. Je repars à Ixelles près de mon école rendre les clés de la voiture, mon ami m’attends, il est passé 13h00, on mangera ensemble, un plat cambodgien, réconciliation.

Dernière ballade à six, nous respirons, nous reparlons de tout ça, longuement entre nous le long des canaux, des péniches, du beau temps, une respiration qui porte, qui réconforte, qui nous lie encore plus, les temps des rires et des photos comme nous n’en avions plus fait depuis si longtemps, depuis Bali, notre famille est belle, nos enfants sont beaux, trop beaux que pour être abîmés, ils sont juste à protéger. Ils sont ce que nous avons de plus précieux. Si vous saviez à quel point nous les aimons et que nous volons à notre vie toutes les parcelles de bonheur parce que c’est aussi ça le vrai bonheur, celui d’être parents : s’aimer nous deux, plus fort que les tempêtes et les aimer, plus fort que nous et notre petit nous deux. La bienveillance, ce sont leur sourire, leur joie, leur idée du monde de demain, et comme une main sur l’épaule, nous les accompagnons sur leur chemin de vie. Nous ne dérivons pas, nous tenons le cap mais la mer se déchaîne malgré nous. Nous chancellons tout de même, en silence.

Noé et Maya passeront leur Jury Central à l’école, en même temps que les autres élèves de la classe de Noé, à l’exception bien kafkaienne des épreuves d’Histoire et Géographie qui ne sont pas semblables entre les 17% du réseau non-confessionnel et les 70% du réseau catholique. Je ne comprends pas les matières, je télécharge toutes les épreuves. Je découvre avec horreur toute la matière d’histoire/Géo qu’ils n’ont jamais apprise, c’est à moi de jouer (?). La situation devient ridicule, Maya aura heureusement une session allégée mais sera tout de même presque six semaines en examens, Noé s’accroche, … Les heures s’allongent, il ne nous reste qu’à nous accrocher plutôt que de pleurer le peu de larmes qui nous viennent.

Demain, je me ferai opéré du pied gauche qui fout le camp à gauche,… deux mois immobilisé, j’arrête les frais, je me consacrerai à nous. J’ai tenu jusque là, je pense à moi, j’en ai peur de l’anesthésie, de la crudité de la nudité, des soins, de l’univers de l’hôpital, cela mettra encore un peu de stress en plus, … Alors, j’ai eu envie de parler à mon Amoureuse avant,… Vous connaissez la suite,…

C’était un jeudi, un jeudi soir ordinaire fin avril, je m’en souviens comme si c’était hier. Ce début de soirée-là, j’étais impatient, je n’ai pas attendu qu’ils s’en aillent se coucher. Une fois la table rangée, je lui ai intimidé de rester encore un moment avec moi, la question brûlait les lèvres, montait dans ma gorge, … suffocante presque

Et puis en silence, nous nous sommes petit à petit préparés à remplir les caisses, à payer notre billet d’avion, à faire dans le silence de notre coeur, le départ de tout ce qui nous tient, abandonner nos souvenirs, faire souffrir notre famille, dire à nos enfants que nous n’avons plus le choix, on quitte la maison de nos rêves, notre maison familiale, tout ce que nous connaissons pour tenter l’impossible, … nous ne sommes pas qu’un couple d’amoureux transis, nous avons des enfants, nous partons pour rechercher la bienveillance, l’amour, l’amitié à reconquérir, redevenir neuf, humble, forcer le trait sur nos idéaux, retrouver une sérénité,

Juste une sérénité, pour vivre d’amour,

Pas si compliqué que de croire qu’il existe encore un ailleurs si gentil qu’il pourrait nous accueillir tous ?

Un post pour vous raconter un mois,…

Après ? La der ! Et avec envie, plutôt que des souvenirs, vous raconter nos adieux et surtout la Martinique !

A suivre

Chafab and Co