Le Tour de Bali à six en scooter : Je t’écris du Mont Batur, l’ascension d’un volcan (6° étape)

Je t’écris une dernière fois avec l’envie de te faire rêver, de t’emmener en terres inconnues, te dire avant la fin poétique du voyage qu’il n’y en aura sans doute jamais plus,… d’autres comme ça,… Il faut bien que cela se termine un jour. Je me souviens de mes écrits d’une année et de cette façon bien à moi de te parler… je profite à présent des derniers instants pour souffler sur les dernières braises d’un feu qui alimentera pour…

longtemps nos souvenirs.

 

Dernier effort, en était-ce un (?), que de t’emmener sur les cimes, prendre de la hauteur et voir au dessus des nuages si la terre est toujours aussi belle dans les yeux de nos enfants, vieille chanson d’il y a vingt ans, t’emmener aux pas feutrés de la nuit à la recherche d’une émotion imaginaire, primaire adolescente ou enfantine, une sensation manquante à l’adulte qui a oublié de vivre ses rêves inassouvis, vivre l’instant de plénitude du réveil à la vie, de la lumière, éclairant le coeur endormi,…

Un nouveau jour.

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Ce matin, nous nous levons dans la nuit, trois heures ! Les regards hagards font peine à voir mais aucun enfant ne rechigne, le pari est lancé, il faut marcher, avancer les pas dans l’obscurité pour mériter la beauté d’un paysage. Quelques cafés et biscuits avalés, notre hôtelier nous amène en voiture au pied du volcan, au pied du mont Batur,… des dizaines de touristes sont prêts pour l’ascension, je distingue dans leurs yeux illuminés par les quatre lampes de poches dont nous disposons, leur perplexité devant la présence des enfants sur cette route et surtout Auguste qui soudainement s’est réveillé dès les premières dénivelés, des cris, de la folie, des rires, des feintes à se faire peur; la nuit offre aux enfants les circonstances favorables pour interpréter leurs cauchemars, leurs peurs et surtout leur dépassement.

Les premiers pas sont rapides et secs, les courses soutenues, avant que la réalité de la pente nous ramène tous à la raison. Auguste change de bras aux premier rayons de lumière, j’admire Cha qui l’a porté avec courage sur les pentes les plus pointues, là; c’est la rocaille et les acrobaties pour les jambes sur des marches inexistantes. Je le reprends mais depuis l’ascension du Laos, le petit mec a sérieusement grandi dans le porte-bébé, ses jambes touchent mes mollets, il me gêne autant qu’il est plus lourd, ses deux jambes entre les miennes m’empêchent de tenir en avant,… là, c’est au physique que ça va se jouer.

Et puis, la lumière… sortir de la nuit et voir l’immensité de ce que la Terre a de plus beau à nous offrir. C’est féerique. 

Je suis sûr que tous ceux qui se prennent en photos, comme nous, ont ce sentiment en eux, avant la descente vers le monde de l’égoïsme de l’homme semblant oublier déjà les quelques minutes hors de l’animal que nous sommes de la prise de conscience que la Terre est si belle, … retrouver le confort du consumérisme humain.

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J’ai pris le temps de penser à toi, pour que tu puisses voir cette beauté non pas unique, des milliards de photos inondent le net, de lever et coucher du soleil, les nôtres ne seront pas plus belles, elles marquent juste l’instant, un instant où rien ne s’écrit et tout se pense,…

Alors je pense à toi avant que tout ne s’efface

sans doute dans l’oubli de nos écrits et lectures.

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Le déjeuner au sommet ne fut pas une franche réussite malgré tout le talent de notre guide si souriant, des tartines à la banane chaude, c’est pas trop le genre de mets à donner à nos enfants ,.. Nous assistons à la descente prudente de la centaine de touristes et soudain, à sept, seuls. La montagne est pour nous. Chafab and Co avions décidé de continuer, de passer au-dessus des crêtes du volcan, le regarder de haut, le prendre sur sa pente la plus pente, regarder son organisme souffler son air chaud, comprendre sa respiration tellurique, son souffre de vie. Et nous le rencontrons. Il est chaud, il vit, cette montagne est vraiment vivante. Nous passons tous la main dans ses entrailles pour ressentir sa transpiration. La crête fait peur, d’un côté le cratère de l’autre la falaise. Je reprends à nouveau Auguste pour toute le descente qui nous offrira des paysages à couper le souffle.

 

Il y a dans cette descente vertigineuse de quoi muscler tous les membres de son corps même ceux qu’on ignorait qu’ils existent. Passant des épis de graminées aux sables volcaniques à des restes de scories fracassées, coupantes au couteau, où chaque pas est une échelle à franchir,… Nous prenons une heure et demie pour descendre… Le soleil est déjà haut et danse dans le ciel, il es tôt, dix heures seulement et six heures sur le volcan, une journée.

Le sol de la Terre est différent, plus dur, parfois meuble mais sans énergie, seules les habitations des hommes lui donnent une idée pâle de ce qu’elle fut avant son occupation meurtrière. Mais c’est notre sol, notre terre, notre Terre où nous vivons, toujours sur un volcan.

Piscine pour tous, déjeuner à midi, sieste, repos, étonnés qu’à 11:30, nous avons encore toute l’après midi pour nous !

Alors on reprend les scooters après une longue pause  pour le tour du Lac, la totalité des hôtels se sont installés sur la rive est, aux pieds du volcan, nous sommes intrigués par les villages de l’autre côté. Une fois de plus, nous sommes seuls, plus un touriste, quelques villages de pêcheurs, nous passons une fête villageoise où nous sommes invités mais nous préférons continuer la route jusqu’à sa fin, … de l’autre côté, juste en face de notre hôtel, Troyan, petit village de 240 âmes, des enfants partout, des jeunes et vieux qui s’entremêlent, un village avec son temple. Ici, on sort du temps touristique, on sort de ce que nous sommes, juste la gentillesse de la rencontre et des clichés, des instantanés de vie piqués en fraude. Le volcan nous a tous offert mais pas encore toutes ses surprises … Diaporama !

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Je ne sais pas toi, je ne sais pas si on peut encore, mais franchir une dernière fois les barrières de nos envies, souhaiter à toutes celles et ceux qui pourraient nous lire, sans jalousie aucune, vivre en famille une année que celle-là, avec toujours toi qui, nous suit est assez grisant, juste parce que par ces écrits lancés du haut de la montagne, sont là, existent temporairement parce que lus,… et voir dans les yeux des parents et de leur enfant ce que nous avons vu,… De la fierté

Je t’écris à toi,

qui nous lis sans cesse sans doute parce que cela va s’arrêter, autant que ce soit tout en haut, là où tu pourrais un jour toi, aussi, nous rejoindre et nous écrire à ton tour.

alors, glissant timidement un merci, un adieu de ce monde merveilleux,

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J’espère que tu auras pu vivre de ces instants magiques autant que nous avons chacune et chacun tenté de te faire vivre nos aventures, la montagne est belle, autant que nos conversations, demain, il nous faudra descendre,…

Nous suivras-tu en bas ? Que nos écrits soient bons ou pas ?

 

Il a fallu en redescendre de ce volcan: qu’importe la route, mais ses flancs sont à pics, nous croyons passer par le plus beau chemin, celui de traverse, celui de notre guide Maps Me, celui en qui nous faisons toujours confiance. Alors pourquoi pas ? Je mets mon application en route et elle m’indique la route de l’est, la petite, celle qui une fois de plus, de trop ?, nous mènera à notre prochaine destination. Un village, la statue d’or que nous ne pouvions voir la veille de Troyan, il nous faut prendre une barque pour l’admirer de loin. Nous décidons de partir sans la voir de près, deux jeunes se pressent vers nous et nous disent que l’ascension ne peut se faire à six sur nos scooters et nous proposent de nous alléger en prenant Maya et Noé… pour la première fois, je les écoute et accepte de bonne grâce leurs services.

Ainsi sur 750m de routes pentues, nous gravissons la colline, en effet elle valait son ascension. Tournant le dos au volcan définitivement quelques entrelacs de tournants à pente raide, je sens que les freins lâchent, par prudence, nous nous arrêtons chez un petit marchand. Lui aussi à son tour décide de nous prendre en charge. Son fils emmenant Éleonore et Noé, lui prenant Charlotte et Auguste, et moi avec Maya, nous suivons leur trajectoire folle, dans une descente qui l’est tout autant, longue de plus de dix kilomètres. En d’autres temps et d’autres moment, j’aurais apprécié cette descente mais e crissement des freins ne plaide pas en cette faveur, c’est plutôt les avant-bras ankilosés que j’arrive à suivre nos deux balinais dans la descente jusque à la Highway toute plate à bordure de rivage, pour enfin tourner à gauche pour les trente derniers kilomètres secure jusque Lovina.

Le temps de saluer nos sauveurs,

cof

nous prenons la route, heureux de nous voir sur la terre ferme et partir vers de nouveaux horizons : la mer, dedans des dauphins, … dernière vraie activité à se proposer, rencontrer des dauphins marins, après ceux d’eau douce du Mékong aux 4000 îles au Laos.

L’avenir nous dira s’ils existent.

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Voilà, les écrits de notre blog à tous désormais vont se tarirent, vont fermer leurs dernières pages, je m’en voudrais de ne pas te montrer notre extase de ce village qu’est  Lovina, ni encore moins notre départ imminent de Bali,

nous nous raccrochons à tous nos souvenirs, nos paysages fous dans les yeux, sans doute que demain, n’arriveront que les conclusions, mais sache que pour moi, ce voyage fut, bien avant cette semaine qui le termine, une réussite personnelle, …

car, toi, d’où que je puisse t’écrire, autant pour moi que pour toi, ce fut une réussite,…

Je t’embrasse de ma Montagne de vie, du volcan de mes envies, de mes paysages et des bisous tendres de ce qui est sans aucun doute le plus beau trésor qui existe,

ma petite famille,

Bisous affectueux de Bali et mille Merci de nous avoir suivis si longtemps,

même de tout la haut, d’un volcan ou tout en bas de la mer,..

Je t’ai toujours écris de mon coeur.

Que ta vie soit Belle, amie lectrice,…

Fab

oznor

 

 

 

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