Entre Karaikal, Kanyakumeri et Rameshwaram, pèlerinage en famille dans l’extrême Sud de l’Inde

La vie à du 50 km/h, c’est fini ! Il nous fallait un peu accélérer le tempo, nous reprenons la route !

Souvenez-vous, nous avions quitté le site de Gingee, un samedi, le jour où les Soeurs de Cluny étaient en passe de boucler la parution des comptes de l’asbl, … Aussitôt dit, aussitôt fait, dès le lundi, rendez-vous avec l’expert comptable, Sister Shanti pour le tour des dernières questions, deux heures de réunions pour planifier un départ le lendemain pour un séjour de trois jours à Karaikal.

Pour la première fois depuis le départ, la famille se divise pour la semaine : Chafab and Co s’offre une parenthèse : Cha restera avec Auguste et Maya; je partirai avec Éléonore et Noé pour filmer les enfants handicapés du Cluny Nava Jeevan et finaliser une fois pour toute les comptes. Petite appréhension de se quitter comme ça pour si peu de temps. On se partage les numéros de téléphones en cas d’urgence, on prévient tout le monde que Cha restera dans la grande maison et ce mardi matin avec ce léger retard qui nous caractérise, je pars avec Djeevan, Noé et Éleonore pour l’aventure à trois. Pas besoin de vous décrire à nouveau la route, dans une petite voiture cette fois, nous fonçons sur Karaikal que nous rejoignons si vite, petit lunch à l’hôpital de Pudduthurai avec Sister Lourdes-Mary, il est temps pour moi de rejoindre le Community College pour deux nouvelles heures de réunions avec Sister Marie Stella, 48h qu’il nous reste avant la venue de Sister Shanti en personne. Soirée plus calme pour nous trois, voire nous quatre, ballade sur la digue avant un petit film en soirée.

Ce mercredi matin, nous sommes debout aux aurores, nous plaçons le matériel vidéo. Aujourd’hui, nous filons, photographions tous les enfants du Cluny Nava Jeevan : photos de famille, par groupe, par classe, description des apprentissages, danses et yoga,… Une journée complète avec eux et pour eux. Vraiment, Éleonore et Noé m’ont surpris par la qualité de leurs photos et leur envie de bien faire pour l’association, et ce, malgré la chaleur,… chapeau à eux deux. Pour ceux qui en douteraient, l’association, c’est une affaire de famille aussi !

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Petite ballade sur la plage où nous découvrons sidéré des dauphins échoués; nous en comptons huit ainsi que près de trente tortues mortes également,… l’ambiance n’est pas à la baignade, nous nous encourons à vive allure et nous réfugions dans un … glacier derrière le Community College.

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Nous nous réfugions manger une glace

Ce jeudi matin et après-midi, c’est le big board, les soeurs responsables des projets travaillent d’arrache-pied pour finaliser les comptes, lesquels sont parus et qu’il faut aller voir sur le site : ils donnent la mesure de notre investissement là-bas et surtout l’utilisation des dons recueillis en France en Belgique tout au long de l’année 2016 – 2017. Si vous ne les avez pas encore vus, ils sont en ligne sur le site de l’association.

https://lesenfantsdepondy.wordpress.com/2018/03/20/parutions-des-comptes-juillet-2016-decembre-2017-objectifs-2018-2019/

Ces trois jours à Karaikal furent merveilleux, denses et nos retrouvailles ? Plus belles encore.

Bisous à vous tous,

Fabien

Quelques jours plus tard, nous décidons partir sur les routes de l’Extrême sud du Tamil Nadu, jusqu’au Cap Comorin

Histoire d’un pèlerinage…
Petit retour sur notre séjour le plus au « Sud » de l’Inde et quelle joie de reprendre notre bâton de pèlerin pour partir à la découverte de l’Inde en famille ! Les sacs à dos sont faits, Jeevan passe nous chercher à 22h en voiture pour un trajet de nuit comme convenu. Avec les enfants, nous continuons à être des aventuriers dans le confort ;). Premier arrêt au petit matin : Kanyakummari ! J’en rêvais… Et pour Fab de beaux souvenirs peuplent ce lieu ! Un hôtel nous ouvre la porte au petit matin, top pour une douche revigorante !

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Et la visite du bord de mer commence : Que des Indiens, aucun touriste blanc, c’est sûr, nous sommes dépaysés ! Au loin, une énorme statue sur un rocher en pleine mer, sur un rocher à côté, un « temple » majestueux, nous y sommes… à la croisée des 3 mers au Cap Comorin

Cette fameuse pointe de l’Inde, nous y sommes. Mais que représente cette statue ? Elle représente le poète et philosophe Thiruvalluvar qui a vécu durant l’Antiquité. Elle s’élève à 40 m de haut, et a été construite en 1999-2000. Devenue lieu de pèlerinage, de nombreuses personnes s’y pressent pour se recueillir en famille dans une ambiance bonne enfant, surtout que l’on s’y rend en bateau… d’où ces nombreux cris de joie au départ. Nous nous laissons porter par ce bonheur ambiant. Le monument à côté est le mémorial du sage Vivekananda construit en 1970. Vivekanda est un philosophe et sage spirituel qui aurait fait connaître l’Hindouisme au monde occidental. Il aurait inspiré le mouvement pour l’indépendance de l’Inde. Il a vécu au 19ième  siècle. Quelle belle fin d’après-midi midi ! Quelle lumière ! Savez-vous que c’est le seul endroit en Inde où l’on peut assister au lever du soleil et au coucher dans la mer ?

Une fin de journée loin des pèlerins indiens, c’est une fin de journée un peu plus loin encore, à pied, dans un village de pêcheurs où nous trouvons une magnifique église cathédrale, les Indiens chrétiens de Kanyakummari se préparent à fêter Pâques… Une journée loin de notre Pondy, dépaysante… associée à de bons petits plats et à des lits aux tops… Un grand we plein de petits bonheurs en perspective !

De Kanyakummari à l’aveugle, nous suivons les plages somptueuses à quelques km à peine en voiture,  vers l’ouest, et nous arrêtons dans le petit village de Manakudy et son église somptueuse ! Nous sommes seuls au monde, une eau turquoise et pas un déchet en vue, élue l’une des plus belles plages de notre voyage même si s’y baigner complètement pourrait s’avérer périlleux ! Une de nos plus belles photos de profil !

Ensuite, direction un palais tout en bois à la frontière du Kerala ! Et oui, la route est splendide jusqu’à Nagercoil, dernière ville du Tamil Nadu. Le palais encore peu connu vaut vraiment le coup d’être découvert : Le Padmanabhapuram Palace, souvenir de Fab d’il y a presque vingt ans, demandez à nos loulous ce qu’ils en pensent !

Retour à Kanyakummari, nous visitons le mausolée de Ghandi où une partie de ses cendres y sont entreposés. Chaque année, à sa date d’anniversaire, le 2 octobre, le soleil illumine son urne durant 2 heures parait-il. Le « bâtiment » est décrit comme « bof » mais sous le soleil tombant, la vue est magnifique et je suis émue d’être là, étrange non ? C’est un grand homme qui a vécu et qui est mort pour ses convictions ! Quand on parle de pèlerinage, combien d’hommes n’a-t’il pas entraîné à sa suite ?

Nous poursuivons notre route par le bord de mer, son marché nocturne et la visite du temple en pleine effervescence à la nuit tombante. Un prêtre nous emmène avec lui en son sein pour y découvrir Kannyakumari et son double percing nasal… Notre famille y est bénie… Croire en un Dieu… ou en plusieurs… moment de dévotion, moment d’échange avec nos loulous…. Sur le chemin des religions et des croyances, sur le chemin de ce qui guide nos vies…

 

Nouvelle nuit réparatrice et nous reprenons la route de la mer avec Djeevan et Auguste qui s’amuse

 

Notre bâton de pèlerin sous la forme de la voiture de Jeevan, nous croisons une multitude d’églises qui nous semblent disproportionnées en comparaison aux villages dans lesquelles elles se trouvent… Elles sont belles ces églises comme dans le Kerala tout proche, autant de Chrétiens dans le sud du Tamil Nadu ? Dans des villages isolés le long de la côte, Vijayapati, l’étrange village de Manappadu et ses trois presque cathédrales, dans un village de pêcheurs et les plus belles plages du Tamil Nadu, son église qui surplombe le littoral, qui sont ces gens, cette petite communauté chrétienne, laquelle par son univers si particulier nous fait furieusement repenser à Karaikudi et les palais du Chettinadu… ?

Et que dire du temple de Tiruchenendur, unique en son genre qui célèbre le dieu Rahma ?

Un pont nous amène du continent vers la ville sainte de Rameshwaram, juste en face du Sri Lanka. Un hôtel booké par … Booking qui sent l’arnaque, elle est où la chambre des photos ? L’hôtelier en convient et annule notre réservation sans frais… et nous voilà dans un étrange hôtel très « indien », dans une énorme chambre avec 3 lits doubles… Merci Jeevan ;)… et à 2 pas du temple. Là nos enfants sont très étonnés: ils s’attendaient à un lieu de pèlerinage chrétien, hors nous plongeons dans l’hindouisme !

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Ce temple est un haut lieu de pèlerinage et nous y ressentons une énergie joyeuse et un peu folle… festive… Les pèlerins se déplacent en famille à travers le temple pour se faire bénir à grande eau … 12 stations jalonnent le temple où malheureusement nous ne pouvons faire de photos. Nous aimons cette ambiance et nous y attardons. Nous aimons les ondes de Rameshwaram et repoussons notre retour à Pondy pour le lendemain…

A nous donc la baignade de fin d’après-midi à l’extrémité de l’ile avec les familles qui profitent de la fin de leur séjour… Les plages de Daneshgudi où des Indiens craquent et me veulent même en photo,… A nous également la visite des vestiges d’une église et des quelques bâtiments abîmés par un ouragan en 64, qui se détachent si nettement dans cette si belle lumière du jour…et puis ce temple d’Hanuman au bout d’un chemin, au loin.

Et ce lieu commémoratif et tellement sérieux de ce président indien très peu connu chez.. nous mais tant admiré en Inde : Avul Pakir Jainulabdeen Abdul Kalam, président de l’Union indienne de 2002 à 2007, né tout près des plages que nous venons de découvrir, père de l’arme atomique, et surtout reconnu paradoxalement comme un sage, un poète, un homme inspiré par la non-violence.

Rameshwaram nous te découvrons !

Que dire enfin de notre longue route vers Pondy du lendemain…. tellement et si peu… Des bonjours ravis aux Soeurs de Karaikal lors d’un tea-time rapide avec elles, nous ne pouvions pas passer par là sans leur faire un petit coucou… et une fin de route pleine d’émotions… Un week-end prévu de longue date qui se termine, la joie de retrouver notre maison pondichérienne, la stupeur de voir des hommes dans des sortes de cages, aux joues transpercées d’une lance danser lors de ce jour de fête hindoue,

Et puis depuis de nombreux km déjà, observer ces milliers de pèlerins marcher d’un pas plus ou moins aisé vers Velankanni  : lieu Saint où la Vierge Marie est apparue… il y a des jeunes, des vieux, des enfants, des groupes, des personnes allant seules… A pieds nus ou en tongues, si mal équipés pour cette longue route, trempés sous le soleil de l’après-midi puis marchant dans la nuit… Ils vont fêter Pâques à Velankanni dans quelques jours. Ils y vont, Ils sont des milliers, et pour nous, Chrétiens, quel modèle. Nous parlons alors à nos enfants des chemins de Compostelle et nous restons touchés par ce que voyons! Que d’hommes croyants croisés en quelques jours… de pèlerins faisant route… que c’est beau !

C’est aussi cela la magie de l’Inde !

A très bientôt bisous indiens de nous six

Charlotte

Une réflexion sur « Entre Karaikal, Kanyakumeri et Rameshwaram, pèlerinage en famille dans l’extrême Sud de l’Inde »

  1. Salut, un petit mot tout simplement pour te dire que ton blog est génial ! Les photos sont justes sublimes à chaque fois ! Chacun de tes articles sont riches en informations et on ne s’ennuie pas en les lisants. J’ai été contente de découvrir ton blog.
    Jo,
    A bientôt https://joetsoncarnet.fr

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