Des 4000 îles, je t’écris du Mékong… notre bonheur d’être ensemble ! (1/2)

Il y a si longtemps déjà. .. c’était le temps où j’écrivais d’un balcon, perché à regarder au loin la mer de Chine et le Golfe du Tonkin à Hué ou rêvassant vers la lointaine Along. Je t’avais murmuré à l’oreille attentive que tu portes à nos aventures que je reviendrais très vite te retrouver.

Et puis, inlassablement j’ai pris mon temps à passer sur les routes, j’ai pris progressivement toute mon énergie au fur et à mesure que la mer s’éloignait, que le chemin d’accès à l’étape suivante se compliquait, que la route montait… peut être qu’il m’était plus facile de t’écrire des flots et marées que des nuages et des cimes. J’ai retrouvé depuis peu un balcon, sur le Mekong et même si je ne te vois pas, j’ai bien vu que tu avais depuis, ramené de plus en plus d’amis qui nous suivent… remercie-les tous pour leur gentillesse de lire ainsi nos aventures… drôle de sensation que de se savoir suivis et même lus. Quand je t’ai quitté, souviens-toi c’était sur les mornes plaines de Dien Bien Phu, à quelques encablures de l’entrée au Laos, depuis les flots des rivières et plaines ensanglantées… Je t’avais bien adressé un petit compte rendu de nos aventures à Vientiane et Tam Khon Lo mais je n’avais pas pris le temps nécessaire pour réellement t’écrire, tout juste avais-je partagé mes idées de voyageurs et mes plus belles photos. Ici, c’est plus pour être en ta compagnie que je reprends de ce balcon, la plume. Il faut dire que les moyens de communication vont de paire avec l’état des routes et le wifi si faible parfois. Crois-moi, il existe encore des endroits dans le monde sans Internet; où les gens vivent sans se douter qu’ils vivent vraiment et pas virtuellement, sans écran en fait.

Les enfants vont bien, tu t’en doutes, les sourires se marquent parfois pour la première fois par la fatigue de l’itinérance; il faut dire que le voyage au Laos est plus éprouvant, … La descente du Laos est plus physique pour eux car il y a une part du confort en moins, peu d’hôtels plutôt des Guesthouses, plus de bus de nuit mais des trajets sur des routes plus petites, plus de ces longues lignes droites mais des montagnes avec ses ascensions et descentes… même les routes en scooter sont plus difficiles depuis Sappa; trempées, creusées. .. avec des passages plus difficiles mais pas du tout insurmontables. Mais au-delà de tout cela, il y a leurs sourires et leur joie de vivre. Tout est toujours un moment, un cliché, un cinéma où ils se sentent acteurs de ce voyage.

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Mon amoureuse est toujours aussi enthousiaste par la beauté des paysages et m’entraîne toujours plus loin, le long de ces routes enchanteresses. Ensemble, nous vivons des moments de rares intensités et de chaleur. Nous nous soutenons comme nous partageons tous les soirs nos journées, nous préparons la suite du lendemain qui arrive toujours si vite, les journées comme les soirs et semaines filent, se rendre compte du temps passé aux communications vidéos avec Mamy et Papy et se dire : « encore un dimanche passé lui aussi. ». Nous prenons le temps précieux d’une main serrée ou d’un bisous échangé; nous nous engueulons sur nos futilités et nos impatiences, nous croisons nos fatigues mais c’est à ce coin de table, qu’une main se frôle, c’est dans ces mains enlacées sur un scooter, c’est dans un sourire, une soirée dans un hamac, ces quelques minutes où nous nous sourions, simplement parce que nous sommes heureux. Je force le trait du peintre car l’inutilité du tableau ne remarquera pas le stress, les fatigues et les possibles coups de gueules, … voyager à six n’est pas de tout repos mais à deux, quelle force ! Câlin en prime garanti ! Elle est trop forte l’Amoureuse, ce n’est pas pour rien qu’elle est Mon Amoureuse en fait,… futilité de l’écrire mais utilité aussi de le vivre, c’est beaucoup ça l’amour, … Tu ne trouves pas ?

Tu vois, à force de t’écrire, j’en oublierais de parler en « nous ». L’aventure familiale que NOUS voulions exceptionnelle se vit, au gré des méandres des affluents, confluents de ce fleuve qui fait prospérer toute la région. Cela reste une joie paisible que de parcourir les chemins de traverse. Tu as vu la vidéo des enfants dans un side-car à Khon-Lo ? Nous expérimentons tout, nous voulons un peu de tout, nous ne voulons manquer de rien ni rien laisser passer.

Nous descendons donc toujours plus au sud en suivant depuis quelques semaines le Mékong qui s’agrandit, s’élargit, prend son débit le plus rapide, gorgé par les dernières pluies de mousson; il semble prendre irrémédiablement son élan pour se jeter de plein fouet dans le Cambodge et emplir une nouvelle fois le Tong Se Lap avant de s’étendre dans son delta au sud du Vietnam.

Après nos aventures souterraines dans les entrailles de la Terre, nous avons entrepris la route quittant les paysages karstiques pour les plaines. Après 5h de route en took-took bondés, nous atterrissons pour une courte étape à Tatkaet. Comment te dire ? Un petit village colonial à l’abandon, seules subsistent quelques rues encore façonnées par l’époque française, du temps où cette petite ville était un port de marchandise, puis de villégiature, à 300 m de l’autre côté à la Thaïlande.

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De cette petite ville, nous tiendrons son caractère si paisible et cette si belle soirée le long des berges dans un restaurant orné de photos anciennes de Honfleur, petit clin d’oeil en passant à Mamy et Papy de la part des enfants.

Le lendemain déjà, nous reprenons la route pour Pakse, ville centrale entre le plateau des Bolovens et les 4000 îles, sept heures dans un bus qui se traînait le « sans raison » mais qui, essoufflé, s’arrête à l’entrée de la ville, une des habitudes laotiennes pour ne pas avoir de bus en ville. .. Heureusement, le took-took nous amène juste à côté de notre Guesthouse qui, s’il n’a aucun charme, a le mérite de nous offrir une chambre familiale. A notre arrivée un Huttois nommé Yves tient un « tourism informations », il nous sera de bons conseils pour décider de la suite, tout comme Xavier de la Terrasse. Nous profitons de cette halte pour prolonger nos visas d’une semaine, de travailler pour l‘école de la vie (vous avez déjà été voir les travaux des enfants ?), …

Outre le wifi, les nombreux et constants déplacements, les enfants commencent à fatiguer de la cuisine laotienne, ce qui semble accentue aussi leur fatigue; il est devenu plus pénible de passer à table; tout doucement Cha et moi comprenons qu’il faut sans cesse se battre pour qu’ils mangent bien… alors pourquoi pas un resto indien juste en face ? Ces deux jours, nous les prenons pour nous reposer avant l’escapade vers les « mythiques » 4000 îles,… toujours plus au sud.

Tu ne nous croiras pas mais il y a une légèreté dans cet univers idyllique, … Sais-tu que plus nous descendons plus nous ressentons une forme de retour à la maison. Je ne sais pas comment te l’expliquer mais dans ces saveurs voyageuses, il y a un écrin qui s’ouvre lentement,… une étincelle s’allume pour nous rappeler pourquoi nous sommes là. Alors, nous courrons voir ce que nous offre ces paysages mirifiques des 4000 îles, nous ne sommes pas déçus, comme nous ne nous attendions à rien, juste découvrir le beau encore plus beau, le déjà là qui ne surprend plus mais qui laisse le voyageur tellement rêveur.

Sy Pha Don, les 4000 îles dont Mong Khon.

A peine avions-nous posé le pied sur l’île, déjà nous sentions qu’elle était faite pour nous, non pas qu’elle souhaitait une quelconque présence de plus mais fouler sa terre nous rendait heureux, comme si nous étions revenus au début, à Mong Khua, dans cette rue délabrée des petits villages au nord. Nous prenons le temps d’un repas pour envoyer les mecs chercher le logis (Noé et Fab s’y collent !) où les souvenirs d’enfance se retrouvent à table. Nos enfants nous connaissent mais connaître notre Histoire les intéressent au plus haut point.

Comment ferais-tu pour leur dire aussi que tout ne fut pas facile, que parents, les difficultés et les choix furent parfois douloureux. Moments d’émotion pour évoquer un moment de fragilité, je l’aime encore plus Mon Amoureuse quand elle raconte tellement mieux que moi la Vie et le bonheur d’avoir nos quatre enfants, mêmes les larmes n’y pourront jamais rien, ils sont tous là, par delà les souffrances ou décisions, moi, je vis la naissance. Naître et renaître tous les jours à travers leurs yeux et leurs vies, n’est-ce pas pourquoi nous sommes parents ? Raconter leur naissance, ce fut un instant d’intense vie…

à suivre,…

4 réflexions sur « Des 4000 îles, je t’écris du Mékong… notre bonheur d’être ensemble ! (1/2) »

  1. C’est un réel plaisir de vous voir tous réunis en famille et de réaliser ton aventure qui t’étais très cher à ton coeur. Amicalement ….Emmanuel de Wemmel, également Hugo qui remets ses salutations sportives à son ami Noé. Et BRAVO à toute la tribu. Bizzzz

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  2. Bonjour!
    C’est un vrai plaisir de vous lire. Quelles belles images! Dorian nous tient régulièrement au courant de votre voyage. Que de beaux souvenirs! Les enfants sont jaloux de devoir aller à l’école sous la pluie! Ici tout va bien. Il fait déjà bien froid et humide. La classe de Dorian n’est pas toujours sage…..Apparemment ils font les grands de l’école et ils font pleins de petites bêtises …
    On vous embrasse bien fort! Profitez un maximum. Les Cornelis.

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