» à toi qui nous suis, … je t’écris du balcon,… » (1/2)

Bonsoir à toi qui nous lis de temps en temps au gré de nos pérégrinations en Asie du Sud.

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Ces soirs à Hué, au centre du Vietnam, je te les consacre à écrire cette petite lettre sur un balcon niché au troisième au-dessus d’une ruelle obscure emplie de Guest house dans l’ancienne capitale impériale. Elle t’est destinée exclusivement. Ce premier soir, je ne suis rien qu’à toi ! Là, tu dois te sentir honoré, non ? Tu as déjà hâte de nous lire et suivre nos aventures palpitantes en Asie du Sud Est… Alors, regarde,… Eléonore te raconter ses dernières aventures,… Une chouette intro de tout ce que vous découvrirez ci-dessous, puis, viendront les tours de Noé et Maya

Dans moins d’une heure, ce sera définitivement fini de cette belle journée de ce 6 septembre 2017, mon anniversaire ; il faut dire que nous ne pouvions pas trouver mieux comme endroit, un magnifique mini-hôtel à moins de 2km de la cité impériale. Une super visite de fin d’après-midi après une sieste méritée après une fatigante et sportive journée hier, un succulent dîner au bord de la rivière aux 5 parfums qui borde la cité impériale. Ce soir donc, deux chambres de 12m² séparées par un étroit couloir ; alors, cette nuit, nous dormons séparés, bien loin les uns des autres. Un adulte par chambre, un équilibre parfait : Les grands avec Maman et Auguste, Léo avec moi. Là, tout le monde semble s’être endormi.

Toi qui nous suis,

Tu t’es bien vite rendu compte que ces derniers mots étaient tintés d’ironie. Que nous est-il arrivé ? Attends, rien de bien terrible, laisse-moi t’expliquer nos derniers avatars.

Et puis seul avec Toi, lecteur privilégié, n’est-ce pas un bon temps à passer ensemble ?

Dernière coquetterie secrète d’écran à écran dans ce monde hyper connecté. Je suis là et maintenant, j’en suis sûr toi aussi, de là-bas, nous sommes enfin seuls, connectés aussi.

Alors ? Me diras-tu ?

Souviens-toi, …

Nos dernières nouvelles racontaient notre tranquille transition entre le Cambodge et le Vietnam, et depuis, nous avons laissé derrière nous le sud du pays lentement, à notre rythme, nous remontons vers la baie d’Along et Hanoï.

Quand nous avions quitté Ho Chi Min-Ville, j’avouais à demi-mot à Cha ma plus grande perplexité face à mes premiers contacts avec le Vietnam. Comme le disent si bien les enfants dans leur vidéo et elle-même dans son dernier billet, une différence s’installe dans notre appréhension de ce pays, … un truc bizarre pour moi qui ressemble fortement à la modernité, non pas celle accomplie et revendiquée par Bangkok, encore moins les efforts pour y arriver de Phnom Phen, mais celle revendiquée à outrance et en mode accélérée, ici. Ces images sont bien lointaines de celles que je m’imaginais du Vietnam. Toi qui me connais si bien, tu dois bien t’imaginer qu’un amoureux des vieilles pierres et de la nature paradisiaque, des villages perdus et des contacts avec les autres ne peut s’y retrouver facilement ; surtout en quittant les sanctuaires khmers.

La modernité, nous l’avons aussi retrouvée à Mui Né. Elle est telle que nous le décrit Eric, le patron du Mui Né Hills, ce si belle hôtel choisi pour l’anniversaire de Maya, elle n’a pas son pareil pour séduire le touriste qui s’offre un peu de répit entre le nord et le sud. Faisant la part belle à ses plages idylliques, de sable chaud et fins, ses palmiers et cahutes en pailles, Mui Né, rappelle-toi, a saccagé son bord de mer (une expression qui pourrait se rapporter au littoral belge), en construisant de manière démesurée une succession de Paradis Ressort jusqu’à occuper la plus infime des parcelles.

C’est pour cette raison que nous avons souvent choisi de nous exiler à une dizaine de kilomètres plus au nord avec nos scooters pour se régaler des vagues dans les villages des pêcheurs, si semblables à ce que nous connaissons à Karaikal. Et encore, sur la route, nous avons entraperçu, lors de notre escale de bus nocturne, la ville de Nah Trang,… de pire en pire, que des gratte-ciels à perte de vue qui se construisent même la nuit. Ici, tout me semble donc démesuré pour les touristes russes et chinois venus en nombre !!! Laisse-moi te les raconter par quelques particularités vécues lors de ces quinze premiers jours au Vietnam :

Le Scooter, la route, la Liberté !

Notre ami fidèle, notre compagnon de route. Nous, qui aimons notre liberté loin des Tours Opérateurs, j’avoue que j’hallucine. Je ne pourrais vivre ce voyage sans louer dans chacune des villes ce scooter. Ils sont partout, il n’y en a que pour eux ! Ce scooter, c’est surtout et avant tout le gage de notre confort sans qui nous ne pourrions parcourir la ville, les villages et les campagnes. Chaque sortie en famille rime avec loisir, découverte, arrêt surprenant, rencontre avec le quotidien des gens, … balade dans la campagne, arrêt sur un pont, prendre les fermiers dans leur champ, circuler dans les villages reculés… C’est le plus du voyage, c’est le cliché que personne ne prend, la photo personnelle des souvenirs que nous ne pourrions voir ces pays en taxi, bus ou autorick.

Juste te dire mon ami que Charlotte est une redoutable conductrice et je n’en connais pas beaucoup qui conduirait avec autant d’aisance un engin pareil avec ses deux enfants. La réussite de ces découvertes sur la route, c’est aussi à elle qu’on le doit. Regarde plutôt,…

Je suis ébahi par la qualité des routes au Vietnam. Rouler au Vietnam, c’est plus que rouler en sécurité : Pas un trou sur la chaussée, des autoroutes que je qualifierais d’excellentes voies à deux bandes rapides (60 km/h de moyenne en campagne, 35 km/h en ville sans circulation. Si l’envie te prends de visiter l’Asie du Sud-Est, fais-moi confiance ami lecteur, tu ne risques rien. Si Ho Chi Minh Ville en est son paradis, ce n’est plus du monde sur la route, c’est une cohue infernale, ils sont des milliers à circuler et paradoxalement, tout se passe bien. Comme le dit si bien Cha, il faut juste se lancer et avancer au même rythme que les autres, apprendre à tourner avant la meute qui vient en face, démarrer en même temps, soit 3 secondes avant le feu vert. Mais toutes les villes non pas cette ambiance de folie Ho Chi Minh Ville. Ainsi à Mui Né, un grand village pour touriste, seule une voie d’accès dessert les hôtels. A Hoi An, le paradis des touristes en vélos se rendant, rougis par l’effort sous un soleil brûlant, vers les plages alors que nous y arrivons dans un état de fraîcheur inégalée.

Hoi An justement !

Cette ville historique du Vietnam a fait de même avec son littoral mais ses plages sont dantesques, peu de touristed en cette saison, nous avons pu goûter au plaisir de ces plages enchanteresses.

Résumer Hoi An à ses uniques plages seraient un mensonge bien sûr, elle abrite en son centre historique, ses maisons coloniales. Ce quartier ouvert à la circulation devient… piétonnier en fin d’après-midi afin de préserver les maisons et surtout contribue à son développement touristique, comme nous le faisons si bien au Mont Saint-Michel avec des échoppes à touristes lesquelles permettent de vagabonder le soir dans un univers féerique de lampions de papier qui colorent la ville ancienne et mettent en évidence les maisons coloniales. Magique. (…)

Cher ami, tiens je m’aperçois une discourtoisie affligeante que je me permets de corriger de suite ! En regardant les statistiques de notre blog, les « suiveurs sont près de 350 et tant d’amis sur les réseaux sociaux qu’il me faut dire à présent (puisque 3/5 sont féminines) : Chère lectrice, … chère amie ( non pas ma Maman ni Mamy, elles ne sont pas dans la liste),… bref, je reprends,… Très chère lectrice assidue de notre blog, continuons ensemble,…

(…) La bougeotte de nos scooters nous a surtout emmenés dans les campagnes luxuriantes, petits villages loin de la ville, nous déambulons dans les ruelles étroites, s’avançant sur des petits chemins de terre en les champs ou les cultures vivrières, découvrant à chaque détour une ambiance bucolique, écartant les poules ou les oies au passage, foulant les grains séchant sur les routes, tournant sans fin le long des canaux d’irrigation. Vraiment, ces ballades d’après-midi nous montrent un Vietnam de carte postale.

Et toujours avec notre fidèle ami – le scooter, nous avons entrepris notre premier grand périple vers un site d’exception que je me permettrai de te présenter : My Son, Retiens-bien ce nom, il fait partie de nos coups de cœur. Une fois de plus, notre guide de référence ne le mentionne sans état d’âme et sans coup de cœur, préférant d’autres choix, … « Les endroits où faire la fête, les restaurants et les bars ». C’est la troisième fois que notre guide, le Lonely Planet minimise un site archéologique (Ban Maela et Koh Ker à Angkor), pourtant sur la liste immémoriale du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, comme quoi, un guide peut s’avérer être écrit pour un public bien ciblé, un touriste lambda qui s’offre un jour d’excursion sur sa semaine à la plage.

Merci Noé ! Plus tard, tu seras journaliste ! Maintenant ici, après la visite du site et nos belles photos, osons rétablir une vérité, un guide voyage ne pourra jamais satisfaire tout le monde mais forcés de constater qu’il devra à l’avenir, et c’est une urgence, se modifier en profondeur pour correspondre à une réalité de plus en plus immédiate. Seuls les vieux baroudeurs prennent leur objet de réconfort avec eux, j’avoue qu’il nous est bien utile quand on arrive dans un « trou perdu » mais le WIFI est partout, les blogs de voyages pour voyageurs en détresse pullulent sur le net, …

Réserver un hôtel, c’est facile et c’est rapide. Trop sans doute, rassurant pour une famille de six. Plus de recherche sur place, tout est tellement prévu. Impossible d’arriver comme il y a 7 ans et chercher un hôtel,… Tu cliques comme tu likes, tu choisis sans savoir comme tu ne visites pas, tu fais œuvre de confiance à ton site plus qu’à ton envie. Aujourd’hui, partir au loin ; c’est rester connecté, … la preuve par l’absurde, toi qui me lis, et moi qui t’écris.

Et il y a du bon pour une famille de six,… Si nous étions deux par contre,… Bref, où en étions-nous ?

Ah oui, My Song ( !!!), notre coup de cœur du Vietnam aujourd’hui.

Les vestiges de l’Empire Cham, ce qu’il en reste après les bombardements américains de ’68 avant qu’ils ne soient finalement « épargnés » par l’envoi d’une lettre écrite à Kissinger par le Conservateur français de l’Institut d’Extrême-Orient, My Son une cité intemporelle protégée une nouvelle fois par l’UNESCO et ses devoirs de perfectionnisme mais une réelle préservation de ces fondements de l’humanité et de ses richesses ancestrales. Je ne suis pas toujours d’accord avec les mises en place du décor, les systématiques pompes à fric de l’UNESCO mais il faut bien rentabiliser ces sites qui ont mis près de 1000 ans voire plus, depuis leur découverte, et les voir ainsi apparaître majestueusement sous nos yeux.

Toi, moi amie, qui souhaiterais visiter ce pays, crois-moi, fais ce détour, en scooter, en bus ou en barque, c’est vraiment à ne pas manquer. Surtout, en redescendant, va voir cette plage, il y a des vrais Vietnamiens qui se baignent, … quand les touristes blancs, irradiés de soleil, désertent les plages, ils sont des centaines à goûter aux délices de la Mer de Chine.

Puis, est venu sur notre route Hué.

C’est le centre historique des tentatives de réconciliations du Vietnam, un retour dans la ville sans le monde et la cadence de Saïgon. Au centre, presque à égale distance d’Hanoi au nord et Ho Chi Min Ville, elle fut plus d’un siècle le siège du pouvoir impérial de la dynastie des Nguyens qui régnèrent de 1780 à 1947. Pour nous y rendre, je t’emmène sur la plus belle de toute la route : Nos 165 km entre Hoi An et Hué par la route de la mer avec un petit bout de la route mandarine, longue de près de 1700km qui relie Hanoï au détroit du Mékong.

Imagine mon amie fidèle,

La tête des Vietnamiens à l’arrivée de nos deux scooters : Charlotte qui porte Auguste, accroché dans son porte-bébé, tenu par Maya derrière. Un indien qui roule avec Léo entre les jambes, la tête dépassant du guidon et Noé, cool tenant son GPS à la main. Meilleur co-pilote, vous ne trouverez pas.

Les paysages sont dantesques, nous quittâmes Ho An avec deux heures de retard, la compagnie qui affrétait les scooters se chargeaient des bagages à envoyer à Hué, … ils n’ont pas compris qu’une famille de six pouvait disposer de 7 sacs à dos ( !), d’une guitare, d’une poussette et de deux bagages à mains… On entend encore les soupirs et les souffrances du bagagiste qui a dû les transporter sur son malheureux scooter jusqu’au bus… Pensée spéciale à lui surtout quand il a dû porter sur son dos le sac des cours des enfants, il est vrai que 8 Lonely Planète et 14 livres de français, math, surtout, et autres font leur poids.

Sur la route, nous nous sommes attardés à visiter le Marble Temple, un piton rocheux de marbre qui s’élève face à la mer à Dalang où les moines bouddhistes ont construit une pagode et une multitude de petits temples. Seule la grotte, hélas fermée par une lourde grille, vaut vraiment le détour, elle abrite une statue monumentale d’un Bouddha de marbre blanc ainsi que d’une salle de prière. La vue est imprenable sur la ville et le rivage, nous n’étions toutefois pas mécontents de redescendre après une montée des marches sous le soleil de midi.

En longeant la baie, à l’autre bout de la jetée se dresse une autre statue haute de 25m, également en marbre blanc, d’une figure bouddhiste féminine : la Lady Bouddha ; c’est à ses pieds que nous trouvons un restaurant où personne en va qui nous sert un assortiment de poissons succulents.

Le plus beau reste à venir, une montée vertigineuse à flanc de montagne.

*Là, j’ai un message personne à un motard du nord de Bruxelles qui roule en Harley je sais pas trop quoi et qui tient un truc pour les sportifs, … Toi, le motard, viens rouler ici ( !) « Désolé, ma lectrice préférée ( !) »

Et puis, doucereusement la descente, filmée par notre Léo vers la baie, près d’une journée complète en scooter pour terminer à Hué, un peu fatigué, un peu moulu, poussiéreux, … nous sommes arrivés à Hué à 19h20.

Et c’est là que TU me rejoins ma chère lectrice, … sur mon balcon.

… Nous sommes arrivés par et comme toujours un site de réservation en ligne. Notre seul et unique objectif, c’est de toujours être sûrs que pour « nos petits bouts », notre capacité d’accueil, d’organisation soient les meilleures. La fatigue est, à part l’enfant malade, la seule chose pour laquelle nous sommes tous les deux particulièrement attentifs pour eux ! Un périple pareil, c’est faire attention à leur zone de confort et de repos. Cha travaille corps et âme à toujours trouver le meilleur endroit d’accueil, où nous reposer, une chambrée pour nous accueillir tous. Et je te disais,…

Ces soirs, au clair de lune, nous avons découvert un Guest-House, …

Ces soirs donc, deux chambres de 12m² séparées par un étroit couloir ; alors, cette nuit, nous dormons séparés, bien loin les uns des autres. Un adulte par chambre, un équilibre parfait : Les grands avec Maman et Auguste, Léo avec moi. Là, tout le monde semble s’être endormi.

Et finalement, ce n’est pas si mal, nous trouvons notre rythme, nous restons deux jours de plus, nous sommes toujours aussi heureux de partager, … et moi j’ai même prix le luxe de prendre le temps de t’écrire. Prochainement, je parlerai des Vietnamiens, de leur cuisine, de de tellement de choses encore. Dors-bien, je vais me plonger dans le pays des rêves. Bisous.

Fab

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